‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 46 sur 346 · DISCUSSION ENTRE GUION ET BROUSSON · texte numérisé non relu

DISCUSSION ENTRE GUION ET BROUSSON

ministres La Porte (du Collet de Dèze) et Yiala (de Fons) avaient fait tous leurs efforts pour le retenir. Un arrêt du Conseil, provoqué sans doute par l'affaire de Bastide, avait en effet renouvelé le 6 février la déclaration du 1" juillet 1689. défendant aux pasteurs, sous peine de mort, de revenir en France. Guion cacha soigneusement sa présence. Sa femme, qu'il n'osa pas aller voir à Alais « parce qve sa maison y était pleine de papistes », vint le visiter à Nîmes. 11 conduisit son fils à Beaucaire, pensant l'y pouvoir confier à des marchands suisses qui l'auraient pris avec eux, mais il dut rebrousser chemin avec lui sans avoir trouvé l'occasion cherchée.

La présence du ministre fut bientôt connue de quelques-uns des protestants qui entouraient Brousson de tant de dévouement et de vénération, et les deux hommes se rencontrèrent. Guion couchait le plus souvent en dehors de la ville, dans des tt huttes de vigne ». ou sur la paille des aires. Ce fut dans une aire qu'un homme, petit, les cheveux noirs, vint lui demander s'il n'était pas le ministre Guion '. Sur sa réponse affirmative, il fut mené vers Brousson (Guion l'avait déjà vu à Nîmes en 1084, et à Berne, au Logis du Faucon) et vers un autre homme, de 25 à 30 ans, la taille médiocre, les cheveux châtains, marqué de petite vérole, en qui nous reconnaissons Henri Pourtal. Le pasteur demeura vingt-quatre heures avec le célèbre prédicant « dans une hutte de vigne, à une demi-lieue de Nîmes, derrière un moulin à vent, en tirant vcis le chemin d'Uzès ».

« Brousson lui demanda s'il ne voulait pas prêcher. Il aurait répondu non ; que ce n'était pas le but de son voyage, et que quand il voudrait prêcher, ce ne serait pas pour faire comme lui des assemblées tumultueuses, qui sentaient la sédition. » Brousson rétorqua « que son dessein n'était pas d'exciter la sédition, mais que quand il avait indiqué une action [un service religieux] il semblait que f esprit volait pour y assembler les fidèles ■ ; il marqua qu'il était revenu [lui même] en France pour ranimer le zèle des gens de la Religion, et qu'il prêcherait tant qu'il pourrait » '. La discussion se prolongea. Guion « trou-

1. C'était sans doute Antoine Gras, dit Fcsqiiot. de Saint-Hippolyte (qui fut prédicant en 169;;), U-qucl déclara avoir vu Guion près de Niines,» qui lui dit beaucoup de choses pour raffermir ». C. 17'i. Dossier Gras.

i. Brousson pense certainement à rassem!)lée de ^'alenct•, dont la date et le lieu avaient élé connus jusqu'à Nîmes.

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