c. 17^. Dossier Pupus
-2. Epitre à tons les lîrforniés de France qui perséi'crent encore dans leur révolte. (iJouen, II, 43 'i;.
108 LES rRl':i)ICANTS I'ROTESTANTS
cher la Parole de Dieu, n'étaient pas de vrais ministres'. Ni La Rouvicre, ni Henri, ni sans doute aucun de leurs collaborateurs immédiats qui prêchaient depuis longtemps déjà, comme La Jeunesse, Laporteou Lapierre, ne se sentaient de taille à rédiger les remontrances que méritaient tant de lâcheté et une si odieuse ingratitude. Papus écrivit son angoisse à Brousson, et lui fit tenir sa lettre par le pasteur Clarion ; en même teuips il pria celui-ci de composer immédiatement, pour qu'elle fut colportée au Bas-Languedoc, une sorte de lettre circulaii'e.
Clarion envoyait à Papus, le 23 septembre, en réponse à sa demande, l'assurance desa bonne volonté, et ses encouragements IVaternels.
A Lausanne, le 23 septembre iô'.i'i-.
.l'ai reçu presque tout à la (bis, Monsieur mon très cher et mon très honoré fi'ère, les deux dernières lettres que vous m'avez écrites du 1er et du 15 de ce mois, et je les ai reçues toutes deux à mou retour du petit voyage que je viens de faire à Genève. D'abord j"ai envoyé ù mon frère B.[rousson] celle que vous lui écrivez et que vous m'avez adressée pour la lui faire tenir ; mais suivant votre désir je me suis mis à faire celle que vous m'avez demandée pour tâcher de m'opposer avec vous à ce terrible débordement où vous me faites connaître que presque tout le monde se laisse emporter à présent. Dieu veuille raccompagner <le sa bénédicliou, aussi bien (jue tous les soins que je vois que vous prenez pour ces misérables, vous et vos chers frères et compagnons que j'embrasse de tout mon cœur.
Vous la pourrez comnumiquer à tous ceux que vous jugerez en avoir besoin, mais si vous me croyez, vous en ferez aussi faire des copies que vous tâcherez de répandre en divers endroits, parce que c'est un mal qui se peut glisser partout, et qu'il faut lâcher de le prévenir dans les lieux où il n'a pas encore gagné, et faire tous nos efforts pour l'arrêter et le faire cesser s'il est possible, là où il a déjà gagné malheureusement. Quand nous aurons fait tout ce que nous aurons pu, il ne faut pas pour cela perdre courage, ni s'abandonner à une trop grande allliction quand tous nos petits soins seraient inutiles. Nous ne sommes pas les maîtres des cieurs, et il faut croire que ce peuple s'est rendu tout à fait indigne de la grâce de Dieu, et qu'il a poussé tout à fait à l>out sa patience, s'il permet qu'il se déborde ainsi tous les jours, et que sa corruption et ses excès aillent toujours en augmentant. Et ainsi il faut se soumettre à la volonté de Dieu, mais ne désespérer pas pourtant de la délivrance de l'Eglise
1. Brousson écrivait on 169i : « Lt-s jésuites n'appi'ouvent pas le ministère de ceux que Dieu suscite en France pour le salut de son peuple >>. Douen, II, il9.