L'ARMÉE DE SGHOMBERG DANS LE DAUPHINÉ
(Juin- Décembre 1692)
La Vérune (Gavanon) et La Rouvière (Papus) après être demeurés quelques semaines «à Montredon» (c'est-à-dire, en fait, dans les bois environnants, car Fabre, condamné par contumace aux galères était fugitif et sa maison à demi démolie), descendirent rejoindre Dauphiné vers Sommières. Au milieu de juin (1092). ils se trouvaient de nouveau à Lasalle, 011 ils rencontrèrent Fabre. qui vivait à peu près librement dans un quai'tier où sa nombreuse parenté lui fournissait subsistance et asiles *. La Saint- Jean venue (24 juin), ils abandonnèrent encore la montagne et se rendirent à Nîmes où Lapiei-re et La Jeunesse faisaient « beaucoup d'assemblées et même assez nombreuses », dit Gavanon'. Il ne parle pas de Brousson, car nous verrons précisément que ce dernier, à cette époque, avait dû pour un temps cesser de prêcher.
L'avocat Benjamin Villeneuve, de Lasalle, avait inutilement poursuivi Gavanon dans la plaine, le « dépeignant » partout, manquant le faire surprendre à Marsillargues. Pour avoir « les deux rejetons de Vivent » comme il appelait La Vérune et Papus, il eut recours, avec M. de la Haye, gouverneur de Saint-Hippolyte à une louche négociation, et fit offrir à Fabre. s'il les livrait, de relever sa maison, de lui payer une part de la prime assurée, et sans doute aussi — et d'abord — de lui permettre de rentrer dans la vie ordinaire sans être inquiété.
Fabre, raconte Gavanon, « ouvrit d'abord les yeux à cette promesse ». Il se transporta à Nîmes, « en nous disant qu'il était
1. C. 17-2, Dépos. Fabre 5 oct. 1692. Vers le milieu de juin Fabre el Gavanon viennent chez Soulier, de Blanquiès (Valestalières. près Lasalle), demander des nouvelles des prédicants.
2. Pour ce qui suit, voir les deux relations de Gavanon. surtout celle qui n'a pas été publiée. [Pap. Court, 17, Bi.