‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 62 sur 346 · Bull. L · texte numérisé non relu

Bull. L

V. Un François Carrier, do Saiiit-Roiuc de Tarn [Rouergue], est à Lausanne, assisté, le 18 mars 1698. Il va en Hollande. «Au péril de sa vie il a fortifié les fidèles en France, d'où il est sorti il y a deux mois» (Fr. Prot., '1" Ed. III, 783.) Xous trouverons bientôt, aux côtés du prédicant Daniel Bas, un Ci-ebassac, de Saint- Rome de Tarn également.

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Nous discuterons plus tard, à propos de la discipline du désert, la valeur réelle d'un document où il est extrêmement difficile de distinguer les souvenirs exacts, de ramplilîcation apologétique dont ils sont revêtus. Bornons-nous à dire ici que nous tenons pour vrais les faits que nous venons de rapporter. La Relation de la mort de Papus, rédigée en Hollande, sans doute sur des renseignements venus de Montpellier, dit seulement ceci, qui cadre en somme avec ce qui précède : «Notre martyr étant arrivé à Montpellier le 24^ jour du mois de décembre 1094, la veille de la Noël, il y célébra le lendemain la bienheureuse naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ et l'on eut le bonheur d'entendre ce jour-là trois prédications et de participer au sacrement de la Cène ». Quelques autres serviteurs de Dieu' étaient dans la ville. Le zèle commençait à se rallumer, et provoquait même des querelles entre les protestants, certains se plaignant de n'avoir pas été convoqués aux assemblées'.

Trois semaines plus tard, une abondante chute de neige (survenue dans la matinée du 17 janvier), empêcha Papus de quitter Montpellier le jour où il y était décidé. Il devait trouver la mort dans la ville ^

La Relation do Hollande, dont les dernières pages sont écrites d'après des témoignages directs, rapporte que La Rouvière, le matin du 7 février, fut tristement impressionné par un songe dans lequel son père, monté dans une barque, ne réussissait pas à le retirer des vagues soulevées de la mer. Nous recueillons ce détail. La résolution que la conscience de Papus avait prise contre son cœur, en rend très probable l'exactitude'. Dans la

1. C'est k- mol même quVmploie Brousson poui' désigner les pivdiciuUs.

2. La Relation, retrouvée incomplète, et sans titre, a été publiée Bull. X, 2G9 Nous citons la p. 27-2. Une autre Relation de la mort de Papus, écrite directement de ^Montpellier le '20 mars 1695, et antérieure par conséquent à celle que nous venons de mentionner, se lit Pap. Court, 17, B, «4. La même, en Hollandais (Verhaal van de Dood, die men heejt doen lyden te Montpellier, den S Maart lô'f).') Aan den Heer Papus de la Verdaugie) fut imprimée en 1G95 à la suite d'une édition hollandaise de la Relation des Merveilles, de Brousson (Bibl. du Prot.). Sur la valeur et Torig-ine de la Relation publiée dans le Bull., voir Bull. LIX,178, répon. dant à D. Benoît {ibid., pp. 168, 169).

3. Pour ce qui suit, voir C. 174, dossier Papus (dépouillé déjà par I). Benoît. L'Egl. sous la Croix, IP Ed., p. 50) : Relation, dans le Bull. \, 269: Relation, dans les Pap. Court, 17, B, 434.

'r. On remarquera que la Relation imprimée (Bull. X, 209, ■270), léj;cndaire en ce point, commençait par une description dramatique de la séparation de Papus avec son père. L'auteur a Iranslormé en dialo.nue ce qui ne fut qu'un échanj^c de lettres. Le fait prouve que la Relation n'a pas été écrite au Lanjiuedoc par un prèdicant.

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journée, continue notre récit, une femme Martelle [Martel] vint le prier d'aller voir sa cousine Pauque, qui était malade. Papus. qui savait « le commerce malséant » que menaient depuis lon^çteuips la mère et les deux sœurs Pauque, hésita, puis céda, devant Tespérance qui lui fut offerte de « la conversion de cette famille débauchée ». Pendant qu'il priait dans la maison, la plus jeune des filles, Jeanne, descendit dans la cour, et remonta aussitôt, disant « qu'il y avait des archers en bas pour prendre quelqu'un ». Sa soiur Françoise, qui se chargea de reconduire Lu Rouvière, « le lit passer par la porte où les archers étaient apostés ».

Les protestants de la ville furent convaincus de la trahison des deux S(rurs, qui se seraient partagé les 300 écus payés pour la capture, avec une certaine Espérandieu. Un quatrième traître enfin fut soupçonné, un certain Balade. « parce qu'il se trouva dans le porche quand les quatre archers y étaient, et que, de plus, il se masqua le lendemain pour aller indiquer à l'hoqueton de M. l'intendant une maison de la ville que l'on visita sur les onze heures du soir, croyant y trouver des uiinistres cachés' ». Une Relation plus ancienne, écrite de Montpellier le 20 mars, dit également que le prédicant « fut vendu par de malheureuses filles, qui faisaient les fidèles et les zélées^ d. La lenteur et les incertitudes de l'instruction qui suivit, laisseraient croire plutôt que Papus a été dénoncé par une personne qui ne connaissait exactement ni son visage ni son nom^

Arrêté à sept heures du soir, il fut conduit au Palais et fouillé. Le lendemain 8 février, il était mené à la Citadelle et interrogé par le juge Loys.

Il donna son véritable nom sans hésiter : « Pierre Papus de la Verdogie, du lieu de Chaignes, près Bergerac, âgé de 25 ans, de la R. Réformée ». Il n'était connu en effet dans le Languedoc, de ses amis comme de ses ennemis, que sous son surnom de La Rouvière ; encore Tavait-il changé depuis quelques mois

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