‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 65 sur 346 · LE PHEMIER COMITÉ DE HOLLANDE · texte numérisé non relu

LE PHEMIER COMITÉ DE HOLLANDE

plus importantes que ce que je pourrais faire dans celui où vous êtes, j'irais m'exposer encore avec vous et avec tous nos autres irères et collègues, à la misère, aux fatigues et aux dangers, pour la consolation du peuple de Dieu, nonobstant les infirmités corporelles que mes fatigues précédentes m'ont attirées.

J3rousson ne considérait pas rimpression de ses serinons du désert, qu il réunit en 1695 dans les trois volumes de la Manne Mystique^, comme l'essentiel de son œuvre en Hollande. S'il avait quitté le Languedoc pour les Pays-Bas, c'est qu'il savait que dans les régions de « l'Aquilon » se décidait alors l'avenir des Eglises réformées de France.

Un comité de réfugiés notables, où figuraient, entre autres. Elle Benoît et Jurieu, s'était secrètement organisé le 18 mars 1694, après les premières propositions de paix que Louis XIV avait fait présenter aux Alliés par le roi de Danemarck '. Il s'agissait de négocier l'introduction, dans le traité final, d'une clause qui assurerait la liberté de conscience aux protestants du royaume.

Le roi d'Angleterre répondit à plusieurs mémoires rédigés par Jurieu et par Benoît, en demandant d'abord qu'un silence absolu fût gardé sur des démarches de ce genre. 11 renouvela sans doute ses promesses de 1691, mais ce ne fut pas sans laisser entrevoir les complications croissantes de la politique européenne, et par suite les difficultés que rencontrerait, malgré ses propres désirs, la réalisation des espérances évangéliques. Les princes d'Allemagne, d'autre part, dans leur luthéranisme obstiné, continuaient à séparer la cause de leur Eglise de celle des calvinistes français.

Brousson mit tout son zèle à aplanir les obstacles. Depuis la mort de Vivent il n'avait rien fait pour assurer dans le Languedoc les succès militaires des Alliés ; mais il n'avait aucunement renoncé à poursuivre diplomatiquement le triomphe d'une coalition étrangère que Dieu, à ses yeux, avait suscitée comme l'instrument de ses vengeances. Nous le trouvons en Angleterre, en avril 1693, en relations avec Gaultier et une douzaine

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