LES ruÉmcANTs protestants
de pasteurs réfugiés \ Il insère à la fin de V Avertissement de la Manne Mystique un nouvel appel aux fidèles de la Confession d'Augsbourg, afin qu'ils soient touchés des misères de leurs frères persécutés dans le royaume, ou dispersés en exil. Enfin il accepte de devenir à La Haye, dans la première Eglise wallonne du pays, au centre même de la vie politique de la Hollande, a ministre des nobles », ou « ministre de la société », chargé des prédications du dimanche soir '.
Néanmoins c'était en France qu'était demeuré son cœur. Si douloureuses qu'eussent été ses dernières expériences de prédicant, il persistait à penser que le salut de l'Eglise, en définitive, viendrait d'elle-même. Si Dieu, justement irrité de lendurcissement incroyable d'un peuple qu'il avait cependant châtié en raison de ses péchés, tardait à manifester sa miséricorde envers lui, n'était-il pas nécessaire avant tout de réveiller des âmes assoupies ? Et puisque, d'autre part, les pasteurs réguliers paraissaient abandonner à jamais leurs anciens troupeaux, ne convenait-il pas de susciter partout le ministère extraordinaire des prédicants ? De cette dernière considération devaient sortir diverses Lettres Pastorales que nous mentionnerons plus loin. Si la composition en doit être reportée à KiDO, on peut afiirmer que dès 1095, après sa discussion avec Merlat, lirousson était fixé sur les divers points qu'elles traitent.
Le nouveau pasteur de La Haye se sentit bientôt mal à l'aise en son nouvel exil. H était toujours suspecté par quelques ministres, en raison de ses explications mystiques de la Bible, « trop poussées ou exagérées », et de <( quelque chose d'exorbitant », qui les choquait dans sa polémique contre Rome. Ses livres étaient longuement examinés avant de pouA^oir paraître^. Il soutirait de la modération à demi résignée où il voyait les uns se complaire, ou des espérances purement politiques des autres, ce qui ne comptaient que sur les moyens humains et le
1. Doucn, II, 2'i'i. Le révérend Quick, qui causa avec Broussou « cinq lionnes heures >>, « crut se trouver en compagnie de ces puritains de Tancienne Eglise... dont la conversation roulait tout le jour sur Dieu el sur le ciel. Il se serait plutôt privé de sa nourrilui'c quotidienne que de la lecture des Saintes Ecritures. 11 semblait être un ange sous forme humaine, et n'était satisfait d'aller au ciel qu'à la condition d'y pouvoir conduire avec lui. ses amis, ses compatriotes el él rangers ».