Douen, II, 445. L. Nègre
3. Bull, m, 345 (Caen) ; Bull. VIII, 265 (Dauphiné) : De Roherl Labarthe, Hist. du Prot. dans le Haut-Languedoc..., p. 251. Voir Douen, II, 442. Brousson portait sur lui, lors de son arrestation, une copie munuscrite de F^p/s, qu'il reconnut avoir composé. Douen date la pièce de 1688, mais elle se rapporte certainement aux négo dations engagées à Ryswyk. h' Avis est, par endroits, comme un résumé d'une Lettre aux fidèles persécutés à l'occasion des Saintes Assemblées, écrite par Brousson en 1693, et qui fut par lui expédiée de Hollande en diverses régions de la France. Elle a été retrouvée eu Saintonge. (Crottet, Hist. des Egl. Réf. de Pons, Gemozac..., p. 151).
168 LES PRKDICANTS PROTESTANTS
et que le roi, en faisant mettre en liberté [en 1688] ceux qui avaient persévéré, témoigna par là qu'il faisait plus de cas de ceux qui étaient demeurés fermes, que des autres. Si vous abandonniez [DieuJ encore dans cette nouvelle épreuve, il n'y aurait plus de salut pour vous... Confiez-vous en lui et il ne vous abandonnera point. Il aura pitié de vous et de vos enfants. Encore tant soit peu de temps, et celui qui doit venir viendra.
Votre chute avait scandalisé et affligé tous les fidèles du monde. Ils ont ensuite été édifiés et consolés lorsqu'ils ont appris que vous aviez repris du zèle et que vous vous étiez relevés. Maintenant ils ont les yeux sur vous pour savoir si votre zèle est sincère. Si vous les édifiez par votre constance, ils crieront sans cesse à Dieu pour vous, et ceux qui peuvent le faire intercéderont pour vous envers votre grand monarque.
Si on vous demande donc de quelle religion vous êtes, il faut que vous répondiez que vous n'avez jamais eu d'autres sentiments que ceux de la Religion Réformée..., que tout ce que vous pouvez avoir dit ou fait de contraire n'a été que forcé, et que vous suppliez très humblement votre grand monarque de vous permettre de vivre et de servir Dieu, selon les mouvements de vos consciences.
La consécration des protestants à leur Dieu, leurs suppliques au roi, jointes à celles de leurs frères d'Europe, doivent donc s'unir en une double action. Brousson continue à lutter pendant qu'il prie. Bien qu'il sente le poids des résistances à vaincre, il ne doute pas de lissue de ses démarches. Après la signature des préliminaires de la paix (10 février 1G97), il écrit : « Nous n'apprenons pas qu'on ait encore parlé de nos affaires. On nous fait pourtant espérer qu'on en parlera dans les conférences );'. Les Puissances lui paraissent bien intentionnées ; il demande aux réfugiés de la Suisse d'agir avec lui auprès des princes d'Allemagne. Il tient en réserve des articles « distincts et précis », qu'il a rédigés, relatifs aux conditions qu'il faudra demander et exiger. Le l^"" avril, il est encore certain que le zèle des puissances protestantes se réveille. Le concours du roi d'Angleterre est assuré.
Le congrès des plénipotentiaires s'ouvrit à Rys"\vyk le 9 mai. Pendant trois mois, Brousson put savoir que les négociations des ambassadeurs de la France, de l'Empire, de l'Angleterre, des Pays-Bas et des princes Allemands ne concernaient que des intérêts matériels. Des pays du refuge, lui venaient parfois des nouvelles déconcertantes. Les réfugiés du Brandebourg prétendaient