‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 98 sur 346 · O/n/sc, p · texte numérisé non relu

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184 LES PRÉDICANÏS PROTESTANTS

Seigneur m'eût refusé la grâce qui m'était nécessaire pour venir encore travailler à son œuvre. Je vois qu'il répand de plus en plus sa bénédiction sur mon ministère, et qu'il veut que je sois témoin de ses plus grandes merveilles.

L'âme du pasteur déborde de joie. Dans la maison de Talon. Ebruy, Laroche, Chapon et Suzanne Richouan à la lois, prophétisent. La fille de Talon est prise aussi de la contagion '. Brousson fait la connaissance d'un autre inspiré, Jean-Jacques Yernet, que l'Esprit a déjà poussé au ministère itinérant, et qui est allé prononcer des prières jusqu'à Saint- Vincent de Barrés, à trois lieues de là. Deux habitants de la plaine du Rhône, l'un de Beauchastel, l'autre de Ghai'mes, sont montés à Pierregourde pour entendre le ministre. D'autres, le lendemain (15 décembre), viennent le joindre chez Trompai'ent (entre Pierregourde et Saint- Georges les Bains). Là, le maître du logis a ouï parler d'un miracle. Il sait que lors des conversions générales, « le nommé Chazal, au lieu de Genève (?) (paroisse de Toulaud), en présence de la veuve et de la fille du S"" Blanc, ministre, a souvent entendu, la minuit de chaque nuit, une voix qui chantait des Psaumes, laquelle voix sortait d'une nuée qui n'était que de la hauteur dun homme, qui s'éloignait ou se rapprochait. Chazal ayant voulu dire à cette nuée : Arrière de moi, Satan ! la voix lui a répondu : Satan toi-même ! ». Un marchand de Charmes, Delhomme, que Brousson interroge sur le fait, l'épond qu'en ce temps-là ils ont en effet entendu chanter des Psaumes par une voix céleste.

Brousson se rapproche encore du Rhône. Au lieu de Blau (?) (paroisse de Saint-Georges), dans la maison de Pierre Fialaix', il prêche et donne la Cène. Les auditeurs sont si nombreux, qu'« il y a autant de inonde dehors que dedans ». Ils sont montés, pour la plupart, du bourg de Charmes, entre autres le greffier et consul Pierre Delhomme, sa femme et sa servante, et la D"<= Chambaud, de la Combe de Bavas.

Enfin le pasteur quitta la montagne, pour redescendre la rive droite du Rhône. Le 21 décembre il était à Baix, où Gabiûel Astier, venu de Cliousclat et de Loriol, situés sur l'autre rive, avait suscité en 1689 les premiers inspirés du Yivarais. La

1. Il est qucstionencore d'une autre prophétesse, du mandement de Pierregourde Claudine Covilet.

:2. Un Fialaix, de Saint-Georges, épousa en 1734 Isabeau Menct, connue pour sa longue captivité à la Tour de Constance. Bull. LVI, 578.

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