JURIEU INTERPRETE DES PROPHÉTIES
Cette date marquait la fin du pouvoir et de l'autorité du pape. Une autre, moins tardive, était assignée à l'achèvement deloppression des fidèles. La mort des Deux Témoins tués par la Bête (Apoc, XI, 3-11), image pour lui évidente de « la persécution de l'Eglise par l'Eglise romaine », persiste, dit la Bible, pendant trois jours et demi, soit une demi-semaine, <!; ce qui nous donne à connaître que le Saint-Esprit comprend ici tout le temps de la domination de la Bête par une semaine, et qu'il nous avertit que la persécution durera la moitié du temps de cette domination », soit 030 ans. « Or je ne trouve point que le siège romain ait commencé à persécuter et user de cruauté généralement envers ceux qui sont opposés à sa doctrine, que depuis l'an 1059 après Jésus-Christ... Si donc à 1059 ans vous ajoutez 630 ans, vous trouverez que la persécution de l'Eglise sous les papes doit finir l'an mille six cent octante neuf. Ce temps expiré, la vérité opprimée doit subitement renaître et comme ressusciter. En ce môme temps les peuples seront fort émus, car cela est signifié par le tremblement de terre. En cette émotion, effroi et dissension des peuples, la dixième partie des hommes de l'Eglise romaine sera tuée... »\
Bien que Jurieu n'ait mentionné qu'une fois, et en passant, le livre de Du Moulin, il est indubitable, comme on le verra, qu'il en était nourri. Des spéculations de ce genre nous paraissent aujourd'hui de la dernière puérilité. Elles provoquèrent chez le pasteur de Rotterdam, et par lui chez les protestants réfugiés et les réformés demeurés dans le royaume, des décisions d'une extrême conséquence.
Jurieu s'était appliqué à l'étude des prophéties « non point par choix et avec liberté, mais, dit-il, poussé par une espèce de violence à laquelle il n'avait pu résister »-. Le résultat de ses recherches fut un ouvrage en deux volumes, achevé d'imprimer le 10 mars 1680, et qui portait le même titre que celui de Du Moulin « V Accomplissement des Prophéties w^
Un Avertissement explique la genèse du livre. « Deux choses m'ont porté là, dit Jurieu, la première, c'est la cruelle et l'hor-