C. 163. Assemblée d'Altefaj;e
2. L'abbr Tribolet, de Nîmes, ne parle que de Tinfluencc exercée sur les N. C. par « l'explication de l'Apocalypse de Du Moulin» (Dans Ménard, v. 266 ; et Germain, II, 38'J, 393). Les mots de Bàville à Alais nous ont vW' l'apportés dans le Fragment sur les Camisards publié par M. ïallon. Dans Marc XIII, il est seulement dit que « l'abomination de la désolation » est un signe précurseur de la venue glorieuse du Fils de l'Homme. Mais Bàville dut citer l'Ecriture exactement ; il était, comme nous l'avons dit, bon théologien. L'auteur du Fragment a confondu peut-être avec le chap. XIII de l'Apocalypse, qui concerne la Bête (voir Tribolet, aux références précédentes).
180 LES PRKDICANTS TROÏESTANTS
heure sur un rapprochement diplomatique des puissances évangéliques.
Parmi les contradictions qu'il relève dans la persécution de France, Jurieu note « qu'elle est faite par un prince qui va contre ses intérêts évidents, qui mécontente tous ses alliés protestants et les aliène de manière à n'en jamais revenir, et, en unissant contre lui tous ses ennemis, viole toutes les règles de la bonne et sage politique ». Mais ici encore la folie du roi servira le plan de Dieu. Les tribus (Apoc, XI, î)) qui empêchent que les deux témoins, morts, ne soient ensevelis, ce sont « les peuples voisins » qui empêchent la France de détruire la R. Réformée. De quelle manière interviendront-ils? « C'est ce que la prophétie ne dit point. Peut-être sera-ce par quelque mortification qu'ils causeront à la France, pendant laquelle les fidèles persécutés auront le moyen de respirer et de faire connaître la vérité ? Nous saurons bientôt si c'est cela que Dieu prépare » ^ .
Si le mode précis de l'intervention n'est pas encore déterminé, du moins l'union des puissances prolestantes contre le roi est possible. Jurieu le sait, car il a travaillé à la réaliser". Dès la fin de 1G84, l'Electeur de Brandebourg Frédéric Guillaume a proposé à Guillaume d'Orange une alliance où pourraient entrer ensuite d'autres princes de l'Allemagne. Jurieu (janvier lG8o)a rédigé à ce sujet des mémoires que le représentant de l'Electeur a envoyés à Berlin, et c'est un autre pasteur réfugié, Gaultier de Saint Blancard, ancien ministre de Montpellier ', que Guillaume d'Orange^ à la môme date, délègue en Brandebourg pour y discuter le plan des ententes projetées. En mai, un envoyé spécial de l'Electeur, Fuchs, arrive à La Haye pour négocier une alliance définitive. Frédéric Guillaume lui a commandé « de ne point parler publiquement de la religion », car il convient de ménager tous les scrupules. Fuchs ne communiquera qu'en secret avec Jurieu et Gaultier. Jurieu regrette que a les motifs de religion fassent si peu d'impression sur la plupart des gouvernants, qu'il faille ne mettre en avant que des raisons politiques », mais il ne refuse point le secours de son crédit. Pendant le séjour de Fuchs, les deux pasteurs le rensei-