‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 11 sur 284 · Apologie du Projet..., p · texte numérisé non relu

Apologie du Projet..., p

i. Tableau naïf..., pp. 88, 89. C'est nous qui soulignons.

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daient que la liberté de conscience et l'exercice libre de leur relifi^ion, on leur aurait infailliblement accordé ce qu'ils demandaient. )>

Mais s'il était vrai que le roi peut-être aurait cédé devant la crainte de réveiller les guerres civiles, il l'était davantage encore que les protestants de 1683, dans leur ensemble, non seulement ne voulaient point les recommencer, mais craignaient même d'en rappeler le souvenir. La Guyenne, la Saintonge et le Poitou refusèrent de s'associer à cette manifestation collective. Les grandes p]glises du Haut et du Bas-Languedoc l'envisagèrent de fort mauvais œil. Les Conseils de Direction furent vivement combattus dans les Consistoires de Castres et de Nîmes. Les opposants s'abritaient derrière un principe de discipline ecclésiastique, mais leur hostilité s'attachait à la politique même de résistance que préconisaient les Directeurs.

On s'étonne de la résignation dont les réformés ont fait preuve depuis lOGO, on se demande encore par quels artifices la Cour et le Clergé ont su endormir leurs appréhensions, calmer leur indignation pendant tant d'années. Les faits sont là. En 1683, l'œuvre d'assoupissement était accomplie. La grandeur du règne, l'idée du droit divin des rois, l'autorité effective du monarque absolu en qui se concentraient toutes les forces de la nation avaient inspiré pour la personne de Louis XIV et pour ses ordres un respect dont les religionnaires ne savaient plus se départir. Le loyalisme des protestants, auquel le roi avait solennellement rendu hommage, dont ils étaient particulièrement jaloux, et qui leur avait même dicté une interprétation nouvelle des guerres religieuses du xvi'-^ siècle*, leur l'cndait extrêmement douloureuse toute démarche qui ninq^liquait pas la soumission totale du fidèle sujet.

Sur le fond, tous étaient d'accord. Toutes les déclarations promulguées depuis 1665 étaient directement opposées à l'Edit de Nantes. Le roi, au point de vue de la justice, de l'intérêt du royaume et de sa propre gloire, « n'a dû. ni pu, de droit, renverser les édits faits en faveur des réformés»". La différence éclatait touchant l'attitude à prendre en face des empiétements constatés. Ceux qui stigmatisaient les Directeurs du nom de novateurs ou de brouillons, et qui reçurent en échange lépi-

1. Rébelliau, Bossiiet, historien... En particulier, pp. 357, 361, 368, 526.

2. 7'ableau naïf..., p. 44 et suiv. Il y a là des arguments qu'on retrouvera presque dans les mêmes termes sous la plume de Claude, dans ses Plaintes... de 1686.

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