‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 110 sur 284 · LES DERNIERS EFFORTS DE BAYILLE · texte numérisé non relu

LES DERNIERS EFFORTS DE BAYILLE

(Octobre 1686 — Mars 1687)

La Cour informée déjà des démarches que tentaient en Allemagne les pasteurs réfugiés, n'avait pas attendu les nouvelles que Bâville transmettait du Languedoc pour ordonner des mesures qui devaient être décisives,

Louvois écrit à l'intendant le 21 octobre : « Je vous ai marqué que le roi se résoudra à changer tous les peuples des Cévennes ; c'est en effet son intention, s'il continue à s'y faire des assemblées, n'y ayant point de parti que Sa Majesté ne prenne pour mettre ce pays là sur le pied d'être soumis à ses ordres ». A cette proposition de dépopulation générale, Noailles répondit sans enthousiasme qu'il faudrait à son avis commencer par les habitants des montagnes inaccessibles, « où la rudesse du climat et la température de l'air leur inspirent un esprit sauvage, tels que ceux de la dernière assemblée »*. « Si le roi prenait ce parti-là, il faudrait envoyer ici au moins quatre bataillons pour l'exécution de ses oi'dres qui ne se fera pas sans de grandes diflicultés et de grandes peines pendant l'hiver-. »

Quelques jours plus tard, Louvois annonçait que le premier projet était abandonné, a S. M. a cru qu'il se fallait réduire à choisir dans les endroits où les communautés sont moins bien converties, et où Fiq^reté du pays les rend plus disposées à se soulever, ceux qui paraîti'ont avoir le plus de crédit, et les plus capables de commencer des séditions, pour les envoyer immédiatement dans dilïérents châteaux de la province, jusqu'à ce que deux vaisseaux que le roi va faire armer à Marseille soient en état de les transporter dans les Iles de l'Amérique' et dans

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