‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 111 sur 284 · LES N. C. CONTRE LES PRÉDICANTS · texte numérisé non relu

LES N. C. CONTRE LES PRÉDICANTS

le Canada, où ils peuvent être suivis par leurs femmes si elles le désirent. Sa Majesté s'attend que cet exemple fait sur cent ou cent-cinquante habitants des Ce venues, purgera le pays des plus dangereux, et imprimera une telle terreur aux autres qu'ils se contiendront mieux qu'ils n'ont fait par le passé » '. Les ordres de la Cour étaient cette fois réalisables. Sur la fin des Etats du Languedoc (nov. 1G8G), l'intendant donna l'ordre aux S""^ Daudé, subdélégué du Vigan, de Mandajors, subdélégué d'Alais, et Chazel, « de faire la recherche dans les trois diocèses de Mende, Nîmes, et Uzès, de ceux qui méritaient d'être envoyés aux Iles ^). Daudé eut pour son partage le diocèse de Mende et les Gévennes. Il s'acquitta de sa tâche en personne, rendit compte à Alais, et reçut, comme Mandajors et Chazel, mille écus pour son voyage'.

Pendant que les trois commissaires de l'intendant dressaient la liste des opiniâtres, Noailles cherchait contre ceux-ci l'appui de leurs anciens coreligionnaires.

On peut distinguer ^ dans la masse des N. G. du Languedoc, trois classes de personnes. Les uns, les plus rares, « s'étaient convertis sincèrement, soit par conviction, soit par intérêt », comme dit M. l'abbé Rouquette. Ils acceptaient le catholicisme avec assez de ferveur pour sévir sans ménagement contre les récalcitrants. Tels étaient à Nîmes, par exemple, le bai'on de Saint-Cosme et le pasteur Cheiron (devenu premier consul de la ville sur un ordre exprès du roi)\ Ils n'hésitaient pas à s'offrir à l'exécration du menu peuple plus fidèle à sa foi ^ Une seconde classe se recrutait surtout dans les villes, ou dans la petite noblesse et la bourgeoisie des villages. Ceux-là avaient du bien, et ne voulaient pas le perdre. Ils étaient catholiques dans la mesure indispensable à leur sécurité. Mais de leur éducation huguenote il gardaient cependant un souvenir assez vif pour oser de loin en loin se tenir en contact avec les prédicants. La troisième catégorie comprenait la foule des faibles, qui abhorrait l'Eglise romaine, mais ne se hasardait pas à une révolte

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