Rouquette, I
V. Sur Cheiron et son collègue Paulhan, devenu conseiller au présidial, voir Ménard, V, •âô^ ; Germain, II, 3SC>, M. Leliévre, De la Révocation..., p. Gj (références) ;yi(iZZ. XLVII, 515, et une lettre dans les Pap. Court, vol. 48.
5. Il fallut donner à Cheiron une escorte de soldats pour le protéger dans les rues.
180 LES l'UEDICAXTS PROTESTANTS
ouverte. Travaillée par le remords et paralysée par la crainte, tantôt elle courait aux assemblées, et tantôt marchait contre elles quand les autorités l'ordonnaient. C'est sur elle que M. Rouquette fait tomber tout le poids de son mépris. C'est en elle cependant que se recruteront jour après jour, les bons ouvriers qui maintiendront vivante la piété ancienne. j
Au début de l'automne, et dans des circonstances que nous ignorons, « quelques MM. de qualité de Nimes, sur la persuasion du conseiller La Baume » se présentèrent devant Noailles, «protestant qu'ils avaient embrassé de bonne foi la R. C. », et qu'ils dénonceraient les infractions aux ordres du roi'. Noailles eut l'idée d'exiger des N. C. des Cévennes des actes semblables, par lesquels ils se déclareraient de leur plein gré solidairement responsables des méfaits des prédicants. Le chevalier de Tessé fit (octobre et novembre) une excursion militaire jusque a dans les lieux qui ne semblaient pouvoir être habités que par des ours », et rapporta les délibérations demandées'.
Les déclarations, rédigées évidemment par les prêtres, sont comme de nouvelles abjurations collectives. D'aboi'd signées dans chaque bourg par le curé, les consuls et les notables, elles ne parurent pas suflisantes sous cette forme restreinte. Il fallut que les N. C. nobles ou bourgeois, emportassent l'assentiment de la classe populaire, et tous les habitants, réunis en conseil général sous les yeux d'un ollicier ou d'un juge, durent apposer ensemble leurs noms au bas d'engagements pieux et policiers, monuments d'hypocrisie.
Les habitants d'Aulas, par exemple, le 14 novembi*e, décident, pour le dimanche 17, une procession en vue de « remercier Dieu de la grande grâce qu'il leur a faite de les avoir retirés de l'hérésie dans laquelle ils avaient croupi si longtemps )>^ «Parles ordres de M?'^ le Comte deRozen, maréchal de camp es armées du roi, qu'ils ont l'honneur d'avoir présentement dans leur ville », les habitants de Sauve (20 novembre), promettent « de vivre et mourir dans la foi de la Sainte Eglise Catholique A. et R. à laquelle ils ont eu ce bonheur d'être réunis», et dans leur joie, a en actions de grâces de leur conversion», ils instituent comme fête solennelle de la délivrance de la ville, le jour anniversaire de leur