‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 113 sur 284 · DÉLIBÉRATIONS FORCÉES · texte numérisé non relu

DÉLIBÉRATIONS FORCÉES

abjuration collective. Après quoi, ils « prient )i leur curé, de choisir un nombre suffisant d'inspecteurs, soit anciens, soit nouveaux catholiques. «Chacun d'eux aui*a la conduite d'un certain nombre de familles, dont ils prendront soigneusement garde»'. La délibération de Saint-Jean du Gard est analogue. Là, les habittints, «pour confirmer les bons sentiments qu'ils ont pour la R. G. A. et R., prient Monseigneur l'Illustrissime et Révérendissime évéque de Nîmes, de leur venir conférer le sacrement de confirmation, afin que par ce sacrement de l'Eglise, ils se fortifiassent (sic) de plus en plus dans les sentiments de véritables catholiques ». Ils regai'deront comme des ennemis jurés de l'Etat ceux qui manqueront à leur devoir, «soit messe, prédication, catéchisme, instruction, ou autre exercice catholique ». Ils s'obligent à mettre des espions à toutes les avenues de la paroisse (c pour éviter et empêcher les assemblées de quelques fugitifs ». Pour marque enfin de la sincérité de leur promesse, les principaux habitants « se rendent garants et responsables en leur propre de la conduite de tous les autres » (17 novembre)-.

Surveillés par les traîtres, menacés dans leurs biens, passibles de la déportation s'ils favorisaient la célébration d'une assemblée, les religionnaires des villes ou des boui'gs perdirent de leur première ardeur. Les prédicants durent se contenter, comme au début de leur activité, d'avoir surtout des fugitifs pour auditeurs.

Il restait à Bàville à atteindre les fugitifs eux-mêmes. Une ordonnance, qu'allait renouveler et aggraver un ban de La Trousse ' , du !:^o décembre, défendait déjà de leur donner asile". Les com-

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