‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 120 sur 284 · Roussel, III, V · texte numérisé non relu

Roussel, III, V

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quinzejours plus tard. Le 10 février, 80 personnes «de tous âge, sexe et condition», venues des prisons de Montpellier ou de Sommières, quittaient à leur tour Aigues-Mortes pour Marseille \

L'émotion produite dans le Bas- Languedoc et dans les Ce venues parle départ (12 mars) du premier vaisseau qui transportait à la Martinique, arrachés à leurs plaines ou à leurs montagnes, des hommes, des femmes et des jeunes filles coupables seulement de n'avoir point voulu abjurer ou d'avoir suivi les cultes interdits, fut si violente, que Bàville se hâta de préparer d'autres convois. Six navires attendaient encore leur proie' ; l'intendant chargea Daudé. en juin, d'un second voyage dans les Cévennos, pour y choisir de nouvelles victimes '.

Que pouvaient devenir les prédicants, au milieu d'une agitation et dune terreur si habilement entretenues, en une région où 0,000 hommes de troupes nouvelles avaient été envoyés pour y vivre à discrétion chez les Nouveaux Convertis obstinés^? Leurs auxiliaires ordinaires étaient épiés, les maisons familières vidées de leurs habitants, leurs plus fidèles auditeurs, les fugitifs, décimés par de constantes prises. Aussi les perdons-nous à peu près de vue pendant les premiers mois de 1687. Bàville, satisfait, « en considération de ce que les habitants des Cévennes avaient donné des marques dune meilleure conduite que par le passé et des assurances de ne plus retomber dans la même faute qu'ils avaient commise par des assemblées illicites » , les déchargea de la subsistance des troupes qu'ils auraient dû payer pour le quartier d'hiver \

Faucher est le seul des prédicants que nous puissions suivre à cette époque. Ses Mémoires nous ont conservé le récit des aventures douloureuses qu'il courut alors aux environs de Nîmes et d'Uzès ".

Après l'assemblée de Serein à Mourrefrech et l'exécution de Barbut et de Milhasse, il avait quitté Nîmes, fuyant les inquisitions des soldats et l'effroi semé dans la ville par les terrifiantes menaces de La Trousse. A Lédignan, des parents refusent de lui

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