‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 123 sur 284 · LES PRKDIGANTS SORTENT DU ROYAUME · texte numérisé non relu

LES PRKDIGANTS SORTENT DU ROYAUME

(Aviil-Scpteml)re i()S;)

Les mois d'hiver écoulés, quelques prédicanls osèrent reparaître dans les Cévennes, et célébrer des cultes qui leur donnèi-ent la mesure des dani;ers auxquels ils exposaient maintenant leurs coi-elig^ionnaires.

Le i28 avril, le consul de Lasalle. Benjamin Villeneuve, dénonce une assemblée qui s'est tenue de nuit dans une vigne qui lui appartient, et à la suite de laquelle, pour se venger de sa surveillance, les Nouveaux (Convertis et les fugitifs ont tout arraché et saccagé. Deux habitants de Lasalle, par contumace, sont condamnés à mort ' .

En mai nous constatons la présence de Vivent au-dessus de son bourg natal de Valleraugue. Pour arriver à se saisir de lui, La Trousse avait usé d'un procédé nouveau. Un ordre exprès avait mis en demeure (début de février) ses deux beaux-frères Salomon et Jacques IMéjanel,de le livrer dans les quinze jours, faute de quoi ils seraient exilés à Narbonne. Ils cherchèrent vainement le prédicant pour le supplier de quitter la France. La menace fut mise à exécution. Les deux Méjanel et le frère aîné de Vivent, David, le boiteux, partirent pour Narbonne, d'où ils revinrent cependant deux mois après. En manière de protestation,Avivent qui avait alors avec lui Jean Manoél. Jean Roques et aussi «Rey le Cadet» (Chapus), prêcha le i20 mai, jour de la Fête Dieu, au-dessus deAalleraugue, entre le village de l'Espé-

1. C. 107. Le juj;emciil est du G juin. Pierre Girbe avocat, et Médard Castaiiier apolhicaiir, ont leurs biens conlisqués, 1,-200 livres élant prélevées pour Villeneuve. Ils sont tous deux condamnés à la poteuti'. Le juj^euient devra être exécuté « liiiurativeiuent, sur un tableau ([ui sera attaché a une potence plantée à la place publique de Lasalle, faisant défense à toutes personnes delenlever, à peine de la vie. »

rou et le sommet Je l'Aigoual '. S'il faut en croire un correspondant de Nîmes qui a fourni ce détail à Jurieu, le prêtre de l'Espcrou se serait risqué à discuter avec le prédicant, dont il aurait écouté ensuite le sermon. Cinq compagnies de dragons partirent de Nîmes (le 15 juin) pour Yalleraugue, où elles logèrent à discrétion -. Jacques Méjanel et sa femme furent conduits à Montpellier et enfermés un mois à la citadelle.

Le 13 juin, autre culte à Sainte-Croix de Caderles. Les soldats cantonnés à Saint-Jean, aidés dune centaine d'habitants du bourg, poursuivent sur toutes les montagnes environnantes les auditeurs du prédicateur inconnu, qui se sont déjà dispersés. Onze prisonniers sont saisis, menés à Lasalle à M. Dugua. puis transférés à Montpellier. Quinze jours plus tard, il est question de quarante habitants de Saint-Jean que les consuls ont appréhendés et qui rejoignent les prisonniers précédents. Les habitants de la communauté, tremblants delTroi, délèguent vers Bàville leur vicaire et le S"^ de Cissalières, pour éviter que la population souffre solidaii^ement « à l'occasion de cette canaille qui n'ont rien à perdre » '.

Le IS juin, encore aux environs de Saint-Jean, nouveau prêche aux Vizettes du Pereyret, entre Saint-Etienne, Saint-Paul la Coste et Mialet. Trois compagnies de dragons sont logées dans les trois communautés coupables, « en pure perte et aux dépens des habitants, jusqu'à nouvel ordre », parce que ceux-ci ne se sont point mis en devoir de courir sus aux protestants attroupés \

Même châtiment est infligé le 1" juillet, par La Trousse, aux habitants de Monoblet, qui reçoivent deux compagnies jusqu'à nouvel ordre « parce qu'ils donnent retraite à Vivent et autres prédicants et fugitifs d '. C'était l'accomplissement des instruc-

1. Mano('l (voir ci-aprcs) déclara que Rey le cadet était à cette époque vers riisptrou, dans des cavernes. Dans rassemblée, de 8(t personnes. Alanoél vit quelques auditeurs armés.

•2. Let. Past., I, 9i (17 juin 16.S7). Le -27 juillet, Vallerau^rue avait à payer le logement de 70 dragons du régiment de ïessé.

3. L'assemblée s'était tenue «à l'endroit d'un ruisseau qui va vers Montvaillant». Bail. XXVII, :236 (d'après le Reg. de la communauté de Saint-Jean). Nous n'avons pas retrouvé le Dossier.

'.. Bull. XXVII, :237 (Iteg: de Saint-Jean). La garnison lut ordonnée le l'i juillet. Six prisonniers furent conduits à Bàville après l'enquête du juge Rouvière (Bull. LV, 423). Xous n'avons pas retrouvé le dossier. La maison du l'ereyret fut brûlée (,Pap. Court, 13, f" 'J).

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