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EXÉCUTION DB MANOiiL ET DE ROQUES 203
tions de Louvois qui avait déjà reproché à La Trousse d'avoir quelque pitié « de gens qui se sont conduits comme ont fait ceux-là, lesquels doivent être abîmés de manière que l'état où ils demeureront serve d'exemple à tous les autres N. G.» *
Les larges battues organisées sur les pentes de l'Aigoual ou dans les vallons de Sainte-Croix de Caderles mirent entre les mains de l'intendant trois fugitifs dangereux dont deux nous sont déjà connus.
Le prédicant Manoël, arrêté au Youltou (près de l'Espérou) au-dessus de Yalleraugue, avait déjà subi un interrogatoire lorsque Jean Roques, pris à Sainte-Croix le 19 juin, fut écroué à son tour dans les prisons de Nîmes". Manoël, l'ancien soldat, n'avoua qu'à demi son activité missionnaire. Il se défendit d'avoir prêché, «n'en étant pas capable», et ne voulut convenir que d'avoir « fait la prière )>, ce qui, nous le savons, n'est pas exact. RoQues, trouvé porteur d'un fragment de sermon composé par lui, et de quelques copies pieuses, déclara qu'il pensait envoyer son exhortation « aux fidèles de Montpellier et de Nîmes ». Roques et Manoël furent confrontés avec Mielgue, témoin des pi-emières assemblées de Caderles. Roques, d'ailleurs, avait déjà confessé de lui-même avoir reçu au pré de Montvaillant la charge d'ancien, et juré fidélité à la R. Réformée. Il proclama « qu'il persistait dans ce sentiment )v\
Ils furent condamnés tous deux à la potence (25 ou 26 juin), et menés au supplice l'un après l'autre, contre la coutume. « M. Dalgue [Manoël] y fut conduit le premier. Le nouvel exécuteur [de Nîmes] était assisté en cette occasion de la fille de son prédécesseur, laquelle . . . avait fait elle-même plusieurs exécutions à la place de sou père. Cette furie, voyant la fermeté de M. Dalgue, lui donna vingt coups de poing sur le visage, sans que le Conseiller ni les jésuites qui étaient présents lui dissent un seul mot pour l'en empêcher. Le martyr... monta