BROUSSON ET LA PERSONNE DU ROI
du règne de J.-C. a doit être accompagné de grandes révolutions et être tout ensemble nn temps de trouble et de vengeance, premièrement contre ceux qui, connaissant la vérité, vivent néanmoins comme les profanes et les mondains. . , et ensuite contre les persécuteurs obstinés. . .; et un temps de délivrance pour les véritables fidèles, et un temps de miséricorde pour une infinité d'élus que Dieu transportera du royaume des ténèbres dans le royaume de sa mei'veilleuse lumière » '.
Ces mots ne doivent point être entendus au seul sens spirituel. Nous y retrouvons à la fois les spéculations mystiques et les observations temporelles de Jurieu ou de Fauteur du Baume de Galaad. Brousson se représente déjà l'Eglise sortant victorieuse et régénérée d'un bouleversement du royaume. Le roi n'est pas encore visé par l'ancien jurisconsulte de Toulouse. Celui-ci le respecte et le ménage. Nous savons cependant que le « type », emprunté par le ministre de la Suisse aux liémorro'ides des habitants d'Asdod, a été du goût de Brousson. Sur les feuilles de notes où il inscrivit quelques années plus tard, en France, les versets bibliques qu'il méditait, nous voyons revenir à plusieurs reprises « l'Arche captive frappant les Philistins au fondement »".
Les espérances de rétablissement dont la foi des persécutés s'alimentait, prenaient leur origine dans des intuitions religieuses. Elles en arrivèrent à les pousser peu à peu vers la politique militante.
La question du retour en France des pasteurs exilés, qui fut agitée dans les pays du refuge dès 1G86, ne s'éclaircit que si elle est envisagée à ce double point de vue. Discutée d'abord par des arguments purement moraux et évangéliques, elle devint une affaire où les événements militaires de l'Europe jouèrent un rôle considérable.