Reçu le billet d'abjuration
"2. Esaïe, L, 4 : « L'Eternel m'a donné une lanjïue des bien appris pour savoir assaisonner la parole à celui qui est recru...»
Hf) LE> PRÉDICAXTS PROTESTAXTS
la sainte joie que nous ressentons, lorsque dans la nuit, à la clarté de mille flamljeaux célestes et pendant que toute la nature semble ensevelie sous des épaisses ténèbres, nous nous trouvons dans quelques bois, à nous entretenir -de la sainte Parole de Dieu et entonner ses divins cantiques, et entendre de tous côtés les échos répéter après nous les louanges de rÉternel, Notre joie est si grande, qu'il nous semble que les anges se mêlent à nos divins concerts, oui. les anges, et ce n'est peut-être pas tout ^ une chimère, comme on a voulu faire accroire * .
La lettre ne passa point inaperçue. Les uns l'attribuèrent à un jeune homme de Hollande qui avait cru se distinguer en prenant le parti des persécutés de France contre leurs pasteurs : d'antres (à cause de son opinion singnlière touchant les voix angéliqnes) -ï à quelqu'un de ces nouveaux Montanistes qui ont sur la religion des visions aussi creuses que leurs prédécesseurs ». D'autres enfin, crurent y deviner l'ouvrage « d'un papiste, qui voudrait corrompre la gloire des pasteurs par le reproche de désertion ». Si elle provenait d'un protestant. celui-ci ne pouvait être animé que « d'un zèle sans connaissance » et son ouvrage n'exprimait « que les sentiments d'une douzaine de particuliers, ce qui est peut-être le plus grand nombre qui aura pu. à divers temps et par rencontre, conférer de cette affaire 3. C'est Elle Benoit qui parle avec ce dédain.
Après lui, Donen n'a voulu voir dans la Lettre que l'œuvre d'un catholique qui aurait imité le langage protestant avec succès. Il la déclare une odieuse raillerie, destinée à jeter un dernier mépris sur de lâches ministres, que Bossuet, par une calomnie plus hautaine, montre aussi « abandonnant leurs troupeaux sans même en attendre l'ordre, et heureux d'avoir à leur alléguer leur bannissement pour excuse ». Xous sommes très convaincu, au contraire, que la Lettre n'est pas due à un faussaire catholique. Le ton n'en est pas si dur que le dit Douen, et le mot de Père, appliqué aux ministres, et qui le choque, est celui dont se servaient en lo^O les protestants de France, quand ils écrivaient à la Vénérable Compagnie des Pasteurs de Genève. Nous ne pensons pas cependant que ces pages aient été écrites dans le royaume, et nous y voyons la main d'un réfugié, d'un laïque qui. sous le voile de l'anonymat, dit tout haut ce que quelques-uns pensaient déjà. Le pasteur D'Artis,
1 . Faat-il comprendre : pcs da toat ?, oa bien : pas tout d fait ? i. BaU. Xn, 303, 304.