‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 144 sur 284 · LA QUESTION DU RETOUR DES PASTEURS BROUSSON · texte numérisé non relu

LA QUESTION DU RETOUR DES PASTEURS BROUSSON

Dans le débat où Jui'ieu hésitait à s'engag'er aussi complètement que Benoît, et où Benoit et ses amis devinaient en Jurieu un adversaire qui se déclarerait bientôt, le laïque Brousson prit une part que personne ne lui oftrait. Il publia (août 1G88) quatre Lettres composées un an auparavant, et qu'il avait déjà, sous leur forme manuscrite, adressées séparément à un certain nombre de ministres réfugiés. Il y exposait le résultat de ses méditations touchant la désolation de leurs Eglises et leur propre exil. Il s'y peignait lui-même tout entier, avec la raideur implacable de sa doctrine, l'inflexibilité de sa conscience, l'héroïsme de son cœur, et son absence de ménagements pour quiconque s'opposait à l'œuvre de Dieu '.

D'accord avec Jurieu, Benoît, et Gaultier, il concède d'abord que la conservation des prédicateurs est un effet de la Providence, qui les réserve pour quelque grand dessein. Mais enfin, les « pasteurs ont été frappés et les brebis dispersées ». Dans ce

1. Voir Douen, I, liG. La Lettre aux pasteurs de France réfugiés dans les Etats protestants. lOpusc. p. 1), qui réunit les quatre lettres successives, porte à la fiu la date du 4 août 1088. Douen pense que c'est là la date primitive de la dernière des quatre lettres, et sur la foi de Brousson lui-même (Douen, II, 113 1, il affirme que la Lettre a été imprimée en 1689. Mais : l» Brousson en plaçant en 1689 cgale- ■ ment le sermon de Merlat qui répondit à ses Lettres (Douen, II, iiS), commet sur ce point, une erreur de mémoire manifeste, car la Défense qu'il opposa à Merlat est datée du 1" septembre 1688 (Douen, II, i47). 2° Etant donné le rôle que jouent, a la fin des Lettres de Brousson, « les six premiers mois de 1688 -», qui semblent encore dans l'avenir, il faut croire que la quatrième lettre a été écrite au moins à la fin de 1687. La date du 4 août 1688 est donc celle de la publication en un seul opuscule des quatre lettres, d'abord isolées. Après Douen et plus récemment, M. Lelièvre (op. cit., p. 130), nous croyons devoir fournir de la Lettre au.x pasteurs une analyse détaillée, composée presque entièrement d'extraits textuels.

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