LES DEUX TÉMOINS
Les pasteurs prétendront-ils qu'il vaut mieux pour eux s'abstenir, que risquer de tomber dans l'apostasie par la violence des tourments ? Ce serait douter de la puissance que Dieu ne refuse jamais à qui la lui demande ardemment. Qu'ils rallument dans la prière, le jeime et les larmes, le don du Saint-Esprit qu'ils ont reçu par l'imposition des mains, et ils ne craindront ni le monde ni les démons. Dira-t-on que les brebis, en défmitive, n'appartiennent point aux pasteurs ? Si elles ne vous appartenaient point, rétorque Brousson, vous seriez des mercenaires, et non des bons bergers (Jean X, 12, 13). Parlera-t-on enfin de « la force majeure » qui a contraint les ministres à cesser d'agir ? Mais si depuis longtemps les pasteurs avaient annoncé leur retour, repassé la frontière, vécu dans les bois et les cavernes, exposé leur vie pour instruire les âmes tombées, souffert le martyre lorsque la Providence les y eût appelés, peutêtre que ces exemples auraient réveillé le courage de leurs troupeaux, et arrêté la fureur des ennemis. « Quand Dieu permet que les pasteurs meurent pour l'Evangile, ils prêchent plus hautement et plus efficacement dans le sépulcre qu'ils ne faisaient durant leur vie. »
« Mais enfin, puisque les loups ravissants sont entrés dans la bergerie, et qu'ils dévorent les brebis de J.-C, les fidèles pasteurs doivent s'armer de courage, aller vigoureusement combattre ces bêtes féroces et leur arracher la proie des dents ». Qu'ils fassent réflexion d'ailleurs sur les terribles reproches d'Ezéchiel (XXXIV, 2-10) « et sur ces autres paroles, qui dans leur sens mystique regardent tous ceux qui ne font pas leur devoir en cette occasion : Israël, tes prophètes ont été comme des renards au désert, où ils cherchent les lieux forts \ Vous n'êtes point montés aux brèches et cous n'acez point radoubé les cloisons de la maison d'Israël, pour cous tromper au combat de la Journée de l'Eternel (Ezéch., XIII, 4. 5) ».
Un dernier ordre de considérations, que Brousson a gardées pour la fin " comme les plus graves à la fois et les plus pleines de promesses, nous révèle à nouveau l'importance extrême qu'il avait accordée aux coDclusions de Jurieu.
Les Deux Témoins, explique-t-il, sont d'abord « le Vieux et le Nouveau Testament »; ils sont encore « les pasteurs qui rendent témoignage à la vérité », et enfin a généralement tous les