‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 148 sur 284 · Ici commençait la quatrième Lettre · texte numérisé non relu

Ici commençait la quatrième Lettre

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fidèles ». La Bête qui monte de l'abinie, dans ces derniers et malheureux temps les a tués en ces trois différents sens. Les divines Ecritures ont été supprimées ; les pasteurs ont été vaincus ; les fidèles enfin ont été tués « en diverses manières )) : spirituellement, par la peur ou par l'apostasie ; naturellement, par les massacres, les supplices, les galères ou la rélégation.

Il est clair, d'autre part, qu'au bout de trois ans et demi l'Esprit de Dieu fait espérer un changement fort avantageux, qui sera bientôt suivi de la destruction de l'Antéchrist et de la nouvelle Babylone, De diverses computations, Brousson conclut que Dieu vraisemblablement*: vivifiera ses témoins depuis environ le mois de décembre 1688 jusques environ le mois de mai 1689, environ lequel temps se fera leur grande et entière résurrection ». Peut-être aussi, les prophéties ayant souvent divers accomplissements dont le dernier est le plus complet, les Deux Témoins pourraient-ils ressusciter déjà dans les six pvemiei^s mois de i6S8. « Quoi qu'il en soit, il n'y a pas de temps à perdre..., mais il faut incessamment mettre la main à l'œuvre. »

Nous n'avons pas à nous demander quelles circonstances ont fait entrevoir à Brousson, en 1687, les symptômes d'une résurrection de l'Eglise. Lui-même ajoute : ce Et en effet, l'Esprit de Dieu se sert de plusieurs faibles instruments pour travailler à ce grand ouvrage. » Il pense aux prédicants. La lecture des Lettres Pastorales, du livre de Gaultier, les lettres venues de France, peut-être les conversations de Serein, de Bonijoly et de Dombres, l'ont rempli d'une admiration sans bornes pour les hommes sans études qui ont suppléé à l'absence des pasteurs. Déjà, dans les pages qui précèdent, il a rappelé aux ministres « qu'ils peuvent apprendre tous les jours que Dieu suscite d'autres pasteurs pour ramener les brebis égarées », il leur a parlé « du martyre qu'ont souffert d'autres fidèles qui ont exercé leurs saintes charges ». Il va maintenant faire flamboyer sur leur tête une foudroyante menace, que lui suggère l'existence même des prédicateurs cévenols.

Il n'y a pas apparence, dit-il, que Dieu vivifie [au jour luarquéj tous ceux qui à cause de leurs péchés ont été vaincus et tués par V Antéchrist. Il est donc bien à craindre que Dieu ne fera pas à tous' la grâce de les employer à son grand ouvrage. Ne peut-il pas en susciter d'autres du milieu même de ses ennemis ? Ne peut-il i)as aussi en appeler d'autres du milieu de son peuple ? Ne voit-on pas

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