‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 152 sur 284 · Pnp. Court, 15 (Douen, II · texte numérisé non relu

Pnp. Court, 15 (Douen, II

-2. 17, L. r» '26:î. Lettre d'un pasteur à un autre sur le retour des pasteurs en France. L<a lettre est de la lin de 16S8, au plus tard de janvier 168i). KUe parle des cris que les élus poussent à Dieu depuis trois ans passés.

3. Le ministre Convers n'est point nommé dans le livre de Douen. L'auteur de la lettre dit tenir le proi>os de Convers lui-même. « L'illustre Madame la marquise de Re^né l'a connu à Londres. Il est maintenant ministre dans ce pays, d'où il est né ». (S'agit-il de la Hollande? la lettre parle ailleurs a d'officiers qui viennent ici acheter des chevaux « ). Nous n'avons pas trouvé de ministre du nom de Convers dans les listes des pasteurs dressées par L. Auziére (Bibl. du Prot.)

L'oriNION d'un vieux l'ASTEUU 2511

espérer ». Eufin, « les principaux de chaque troupeau », sans lesquels on ne peut l'ien faire, ne manqueront pas, « on n'en peut pas douter sinon qu'on veuille s'aveugler de gaîté de cœur », de s'opposer, comme ils firent il y a cinq ans (1G83), aux efforts courageux des gens de bien, d'alléguer qu'on veut tout perdre, qu'il y a encore des mesures à prendre. » Pis encore : « Quand ils vendaient qu'ils n'en seraient pas crus, ils découf^i'iraient tout aux Puissances, et après avoir sacrifié leur salut à leur repos, ils lui sacrifieraient encore et les pasteurs et les assemblées ». Les Nouveaux Convertis ont horreur de l'Eglise romaine, mais ils redoutent surtout les dragons. La présence d'un ministre ne leur ôterait pas cette peur. Ils n'oseraient même pas lui donner retraite.

Après avoir ainsi parlé des pauvres fidèles de France en termes aussi durs que Brousson lui-même, mais avec du mépris en plus, le vieux pasteur juge avec la même rudesse ses propres collègues. Ils délibèrent actuellement. . .

Qu'il y a loin de parler, en Suisse, en Allemagne, en Hollande, etc., à aller s'exposer en France à un danger de mort presque inévitable ! Franchement, je tremble, en pensant à tout ce que j'ai vu dans nos Synodes, dans nos Consistoires, dans nos Assemblées secrètes, dans nos prisons, en un mot dans tous les endroits difficiles où nous nous sommes trouvés en France ces dernières années, lorsque nous avions encore des édits, des troupeaux, des retraites. J'ai d'ailleurs bien moins bonne opinion de notre courage que je ne l'avais alors, et ce qu'il y a à faire pour notre rétablissement est beaucoup plus difficile et plus dangereux que ce qu'il y avait à faire pour notre conservation... Il faut des pasteurs très convaincus. En connaissez- vous beaucoup ? Pour moi je vous avoue que je n'en connais guère et le peu que je connais, je suis d"avis qu'on le ménage et qu'on craigne de s'en voir privé à l'heure du combat, pour les avoir laissés mourir dans les escarmouches.

Quant à « notre ennemi », poursuit le pasteur, il est précisément dans l'état où la prudence veut le moins que nous entreprenions de le combattre. « La Cour est toujours entêtée de ce qu'elle appelle le grand dessein, elle voit un profond calme au dedans, elle étend ses conquêtes au dehors avec un succès surprenant* ; elle est mal avec la Cour de Rome, elle craint les moines et flatte le clergé ; elle a tout le sujet du monde de croire

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