‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 153 sur 284 · Le Pulatinal était envahi · texte numérisé non relu

Le Pulatinal était envahi

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que la campagne prochaine' ne se passera peut-être pas qu'elle ne soit forcée à se relâcher de la fureur avec laquelle elle nous traite. » Ce sont là autant de raisons pour qu'elle profite de ses derniers avantages, et dans sa politique « si railinée », elle profiterait du retour des pasteurs pour mettre la main sur tous.

La conclusion est donc que « celui qui croit, ne se hâtera point, mais qu'il attendra encore un peu de temps jusqu'à ce que celui qui doit venir vienne ». Le pasteur, à dire d'ailleurs tout ce qu'il pense « croit qu'il viendra bientôt, et que le grand jour qu'il va donner à la vérité fera disparaître dans peu de temps le fantôme du papisme que l'ignorance a formé et qu'elle soutient. C'est par là que Dieu vengera ses fidèles de la manière qu'ils le souhaitent ».

Après avoir transposé en espérances rationnelles fapocalyptique de Jurieu et de ses amis, l'auteur de la lettre termine par ces mots fort méchants, qui montrent de quelle façon le plus fougueux des zélateurs était traité par quelques-uns de ses collègues :

Que notre excellent M. .luricu va élre content, si les choses arrivent ainsi, précisément dans le temps que son illustre grand-père et lui nous les ont promises ! Assurément il aura I>csoin de toute son humilité pour ne pas tirer vanité de cette vive lumière à la laveur de laquelle il a pénétré les ombres sacrées de tant de prophéties. Je pense qu'alors ceux qui ont osé le blâmer de témérité ne pourront en tout cas s'empêcher d'admirer son l)onheur.

Pendant que des pasteurs mettaient leur vie à un si haut prix, il faut relever cette circonstance extrêmement curieuse qu'en Allemagne et en Suisse des laïques s'offraient à rentrer dans le royaume, et que certains comités de réfugiés s'efforçaient de les retenir. Le 1" décembre, Gaultier écrit de Berlin à Mirmand,en lui l'appelant une lettre antérieure : « Vous aurez vu que notre pensée est conforme à celle de MM. de Zurich, savoir de n'envoyer personne en France, non pas même des pasteurs, que cela ne se fasse de concert et avec délibération. Nous croyons qu'on ne saurait prendre aucune mesure jusqu'à ce qu'on ait vu quel sera le succès des affaires d'Angleterre » '. Le 8, il répète en se corrigeant : « Je vous recommande à mon tour ce que vous

1. Les troupes no combatlaieut pus pendant l'iùvor. Il s'aijit de la cam])ag'nc qui reprendra an printemps de 10S'.<.

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