P. Gachon, p. cxiii
2. J5«//. XXVI, p. 68 :«Ceux de Monlpellii-r voulaii-nt Taire la mêmecliose tqu'à Sainl-IIippolyteJ mais ils ont été retenus par (juelquun qui a du crédit parmi eux.» Le pasteur du Daupliiné Sagnol de la Croix attribuait rèchec du projet de Toulouse à quelques richards timorés de Montpellier(Rapportau Conseil de Zuricli, le 30 oct. 1683, dans Jaccard, Trois hommes. . ., p. 118).
3. Jean-Antoine Prixat, S"^ de la Roquette, originaire du Collet de Dèze, min. à Monoblet depuis 108"2.
4. Jean Audibert Daudé, S'^ d'Olimpies, ne vers 1637. Du château d'Olimpies, paroisse de Soustelle. Min. depuis 1661 à Saint-Paul la Coste, Soustelle et Cendras. Bail. XLIX, 639. De Chambrier, p. 57.
culte interdit dans la ville. Le dimanche 11 juillet un nombre considérable dhabitants des Cévennes se rassemblèrent dans le jardin de Louis Bedos. bourgeois. Courdil prêcha, devant le prêtre du lieu, sur l'obéissance due à Dieu et les devoirs dus à César, et exhorta ses auditeurs à mourir pour leur foi. Le dimanche suivant, Courdil se trouvant indisposé. André Vial, venu d'Aulas. sans l'assentiment de sa propre Eglise, à son tour «consola le peuple». Dautres pasteurs lui succédèrent de semaine eu semaine. Isaac Teissier (de Saint-Roman-deCodièresi, Pierre Henri Gally de Gaujac (de Mandagout). Pierre Boyer (de Canaules) '. Pierre Astruc (d'Aigremont), La Roquette lui-même, d'autres, venus de plus loin : David Mazel (de Gabriac), Etienne Grongnet (de Saumane), Jean-Antoine Dautun (de Saint Privât de Yallongue). Le S' Durand juge de Sauve, rendit compte des événements à Daguesseau. Lintendant donna Tordre d'arrêter les meneurs, mais la ville était déjà dans une telle ellervescence que le prévôt n'osa pas y entrer pour s'acquitter de sa charge.
Le comte du Roure. lieutenant du roi, et Daguesseau. qui s'étaient transportés dans le Vivarais sur la nouvelle des premiers attroupements, avaient réussi, par la promesse d'une amnistie, à y apaiser les réformés. Le calme revenu, du Roure écrivit à l'Eglised'Alais.l'autorisant à convoquer immédiatement une assemblée générale des Eglises des Cévennes qui dresserait un acte de soumission pareil à celui qu'il demandait au Vivarais. et qui mettrait fin aux cultes de Saint-Hippolyte.
L'assemblée se réunit le 7 septembre (lG83i dans la petite paroisse de Colognac. située sur un plateau, entre Saint-Hippolyte et Lasalle ■. Elle comprenait 47 pasteurs. o'S gentilshommes, et 16 avocats médecins ou bourgeois, ol Eglises y étaient représ?ntées. qui constituaient la totalité de celles qui substituaient alors dans les Colloques de Sauve, Anduze et Saint-Germain-de-Calberte.
Les délibérations, que Ton voulut tenir seci'ètes. furent, dans la matinée du moins, orageuses. D'Olimpies rendit compte d'abord des travaux du Conseil de Direction des Cévennes,
1. Le nom est écrit quelquefois Bouvier, en raison de la prononcialion fautive Bouyer.
2. Elle se tint, suivant une tradition locale, ii Pradou, dans la maison du S de FalgueroUes. Le procès-verbal de Tasseniblée a été reproduit en partie par Brousson dans son Apologie..., cliap. IX. In procés-verbal complet, portant le nom des délégués, et des détails que nous avons utilisés, est conservé C. 173. Il a été intégralement publié dans Hugu. Soc, II, 392.
ASSEMBLKE DE COLOCJNAC ''21
dont la conduite fut approuvée. Il lut le Projet de Toulouse, dont la plupart des assistants, à ce qu'il semble, ne connaissaient pas encore la teneur, et l'on passa à l'aflaire de Saint- Hippolyte. Un certain nombre de députés, en particulier ceux d'Aulas, de Sauve, d'Anduzo, d'Alais, avaient reçu mandat de sen tenir inviolablement à l'obéissance au roi et par conséquent de faire cesser le culte irréi;ulièrement repris. Quelques-uns des curieux accourus à Colojifnac ne l'ignoraient pas. Des habitants de Saint-Hippolyte, « de la lie du peuple » dit Brousson. interpellèrent avec violence les hommes qu'ils soupçonnaient de trahir leurs intérêts religieux. Il y eut scandale. L'émotion fut telle, que le pasteur Dubruc d'Aulas, avec les trois gentilsliommes qui représentaient son Eglise, jugea prudent de quitter l'assemblée avant la délibération de l'après-dînée '. Une conmiission de douze membres (la plupart des Directeurs en faisaient partie), proposa le soir des conclusions qui furent adoptées à la majorité et qui tendaient à maintenir ouvertement le culte audacieusement rétabli. Les habitants de Saint- Hippolyte se présentèrent, assurèrent qu'ils avaient pour le roi X tous les sentiments de respect et de vénération dont des bons sujets pouvaient être capables, qu'ils conserveraient pour S. M. une fidélité inviolable, n'ayant rien fait qui tendît à troubler la tranquillité publique ». La Compagnie se déclara persuadée de leur fidélité et de leur innocence. Elle fut d'avis que leur entreprise était juste, et pour lui conférer un caractère aussi régulier que possible, elle décida que les Directeurs du Vigan auraient la charge d'envoyer à Saint-Hippolyte, pour y prêcher, tel pasteur de la province que bon leur semblerait, « en suivant pourtant, autant que faire se pourrait, la table du Synode et le tour des (Colloques ».
Restait à rédiger l'acte de soumission réclamé par du Roure. L'assemblée se borna à nommer trois gentilshommes pour aller assurer le lieutenant général et l'intendant « de l'inviolable fidélité de toutes les Eglises des Cévennes et Gévaudan et en particulier de celle de Saint-Hippolyte, pour le service du roi, et pour les supplier de A'ouloir eu informer S. M. et de vouloir intercéder envers elle pour leur faire sentir, et à tous nos frères les effets de sa bienveillance royale et les faire jouir d'une entière liberté de conscience conformément à l'édit de Nantes ».
1. François Dubruc ou De Bruc, né à Ganses vers IG'iit, lils d'un pasteur. Min. à Bagars 1G7-J, à Aigremont 167j, a Aulas 107G. Bull. XLIX, OVl.
a LEà PRKDICWr» PROTE^lAXT?
En approuvant, par une délibération qui ne tarda pas à être divulguée *, l'initiative prise par les révoltés, rassemblée de Colognac avait ratifié l'œuvre des Directeurs des Cévennes et de Brousson lui-même, dont le nom ne paraît pas avoir été aloi-s prononcé. Quelques oppositions se manifestèrent bientôt. Le Consistoire d'Aulas coucha sur ses registres qu'il interdisait à son pasteur. Dubruc. daller prêcher à Saint-Hippolyte au cas cil il y serait appelé, et se plaignit que son autre ministre, Vial, eût quitté l'Eglise •: sans seulement demander un congé >». Le Consistoire d'Anduze forma opposition contre les décisions de Colognac '. La députation nommée pour s'aller présenter au comte du Roure retarda son départ.
Entre temps, une collision entre les dragons et les protestants armés, à Bourdeaux en Dauphiné. avait donné lieu à d'ignobles boucheries. Louvois, qni avait approuvé les premières dragonnades du Poitou, n'était pas homme à manquer cette occasion d'abîmer les religionnaires du midi. Les soldats de Tessé et de Saint-Rhue avaient reçu de lui à cet égard des ordi'es exprès. Au moment où les troupes passaient en Vivarais pour y continuer leurs exploits, du Roure essaya cependant dune nouvelle négociation auprès des Directeurs des Cévennes qu'il fit réunir à Anduze (2t) septembi-e . Il réussit à leur faire dresser un second acte de soumission plus humble dans sa forme que le précédent, mais qui réclamait néanmoins de la bonté du roi. avec fermeté, une amnistie générale, le rétablissement de l'exercice à Saint-Hippolyte, et la révocation des édits. arrêts et ordonnances contraii'es à Ledit de Nantes. Lacté était signé par d Olimpies. Il fut porté par le pasteur de la Porte (du Col- Jet de Dèze) et les S* de la Valette et de Baudan. à Xoailles qu'ils réussirent à joindre à La 'N'oulte en Vivarais. ic La hardiesse, ou plutôt l'extravagance de ces pauvres misérables », qui réclamaient la liberté de conscience, le surprit si violemment, qu'il les traita de fous et les fit arrêter sur le champ.
Avertis de cette nouvelle épreuve, et des atrocités commises par les dragons dans le Vivarais. les Directeurs rédigèrent le i octobre une troisième supplique, plus modeste. Mais déjà les dragons marchaient vers les Cévennes. c le siège de l'huguenotisme >, pour y achever leurs exécutions. Le o octobre ils
1. L n espion rènssit a se procurer des décisions prises "une copie « qui fit très bon effet l sur les catholiques | et qui déconcerta les prolestants ».
i. Sans doute aussi le Consistoire d'Alais. car son député laïque à Colt^nac, sc^ï***"* de rassemblée., avait refusé de si^er la délibération prise.