‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 17 sur 284 · LES CÉVENNES EN MOUVEMENT · texte numérisé non relu

LES CÉVENNES EN MOUVEMENT

étaient à Anduze et se préparaient à se mettre en route pour Saint-Hippolyte. La petite ville allait tenter un essai de résistance.

Les décisions de Colognac, l'attitude des Directeurs eurent pour heureux résultat de réveiller quelques audaces. Le souvenir des guerres soutenues pour « la cause », insupportable aux modérés, vivait toujours dans le cœur des zélateurs. Les fils et les petits-fils des capitaines ou des soldats de Rolian prononçaient avec orgueil, dans les Cévennes du moins, le nom des derniers héros des libertés protestantes. La colère du Cévenol, qui sur ce point ressemble à ses compatriotes de la plaine du Gard, est vite assouvie par quelques paroles cinglantes ou quelques actes brefs et violents, et près de vingt ans devaient encore s'écouler avant qu'une fureur de justiciers soulevât contre un roi persécuteur un peuple opprimé. Il faut noter, cependant, dès à présent, qu'un bruit d'armes accompagnera pï'esque toujours, jusqu'à l'explosion de la révolte camisarde, les protestations des religionnaires de la montagne. Non seulement la petite noblesse demeurera frémissante, mais à tout instant le peuple croira nécessaire et légitime de défendre sa vie en même temps que la liberté de son culte. « Il vaut mieux périr pour périr », c'est le dernier mot d'un réformé d" Anduze qui dès JG80 entrevoit les dangers qui menacent sa foi '.

La « cabale de MM. de la Direction » qui s'occupait à Saint- Hippolyte des alfaires de la religion était maintenant présidée par le pasteur La Roquette, devenu le ministre secret de l'Eglise, Il en recevait oOO livres, autant que de la paroisse de Monoblet qu'il desservait encore olliciellement, et celle-ci se contentait d'un service célébré par le chantre quand La Roquette était retenu à Saint-Hippolyte. La Direction s'était adjoint <c dix ou douze des plus mutins du peuple ». Les pasteurs « de tour )) qui venaient prêcher, étaient portés en triomphe dans le jardin de Bedos. Des correspondances avaient été établies avec les réformés de Saint-Jean-de-Yédas (près de Montpellier) oîi le seigneur du lieu, le marquis du Gayla, avait encore le droit d'entretenir un ministre ■, et avec le Conseil de Direction des Cévennes, qui

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