‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 163 sur 284 · LES IMPATIENCES DE MODENX · texte numérisé non relu

LES IMPATIENCES DE MODENX

tirera de leur ignorance et de leur insuffisance môme, une raison de plus pour ne pas laisser les troupeaux sans ministre. Le zèle au Languedoc est mal réglé ?

Mais c'est cela même qui fait voir qu'ils ont plus l>esoin de la présence de leurs pasteurs. Dieu m'a fait, par sa grâce, ennemi de toutes les manières violentes... De plus, je crains exti'èmement que ces prédicants, qui ont notre charge, ne sèment sans y penser de l'ivraie parmi le bon grain, et qu'ils ne gâtent la discipline et la doctrine elle-même. . . Tout se réduit. . . au danger où je m'expose. J'espère qu'alors, par la grâce du Seigneur, ma vie ne me sera point chère. . . Je ne crois point, du reste, être le seul pasteur que l'état de nos chères brebis rappellera auprès d'elles. . . Celui qui passera devant pour rompre la glace sera le plus heureux et le moins exposé. J'espère que ces deux Messieurs (?) me feront la grâce d'examiner de nouveau cette allaire.

L'affaire, si elle fut examinée, n'eut pas de suites. On va voir comment la Suisse ne pouvait rien offrir à Modenx, et pourquoi Gaultier et Jurieu se préoccupaient moins d'envoyer des pasteurs pour réveiller les troupeaux. Des circonstances nouvelles transformaient le premier dessein d'introduire en France des ministres en une entreprise insurrectionnelle.

Page 1