Let. Past., III
i. Gaultier à Mirmand, de Berlin -20 janv. 1689 : 17, (), 1"^ 00.
5. De Venours à Mirmand, de Hambourg-, 20 déc. 1688 ; 17, O, f" 43 (voir une autre lettre du 29 déc. dans De Chambrier, p. 92).
réfugiés français » et crut comprendre (à tort) qu'il était question d'une démarche publique à organiser, il éclata'.
Ne voit-on pas que députer au libérateur de la Réformation, c'est attirer une nouvelle persécution sur nos pauvres frères qui sont en France, c'est préparer des tortures et dresser des roues pour les ministres qui s'en iront ?. . . Ce fut la seule raison pour laquelle ]MM. Jurieu et Gaultier ne purent me persuader... que je devais avoir l'honneur de parler à ce grand Prince lorsque je passai à La Haye il y a tantôt quatre ans pour rentrer dans le royaume afin d'y fortifier nos Eglises. . . Ne vous souvient-il pas qu'une grande partie des dui-etés qu'on nous fit subir il y a cinq ans vint de la pensée que le projet fde Toulouse] mal exécuté, avait été concerté avec le Prince d'Orange ? Que serait-ce donc à présent, si une députation allait publier dans le monde que c'était de lui que partait la résolution d'aller prêcher en ï'rance ? La députation que votre ami propose et le retour des pasteurs en France pour rassembler nos troupeaux dispersés. . . sont deux choses incompatibles. Je les juge si incompatibles que si la députation se fait, on ne peut plus compter sur moi pour le voyage... Si Dieu m'appelle à soulfrir je souhaite d'avoir cette consolation de penser que c'est uniquement comme ministre de J.-C. que je souffre, sans qu'on ne puisse soupçonner raisonnablement d'être émissaire d'une puissance qu'on craint et qu'on hait encore plus que notre Religion. Encore une fois, si on députe au Prince d'Orange, tous les ministres qu'on attrapera en France seront regardés et traités comme des boute-feux.
Modenx exposa longuement à Gaultier lui-même ses objections, et en attendant la réponse, déclara « qu'à dire la vérité, si ces Messieurs ne s'étaient pas résolus de se tenir loin des coups, ils ne penseraient pas à des députations de ce genre »-.
Gaultier s'expliqua, concéda que si l'affaire ne pouvait être tenue secrète, il conviendrait de n'en plus parler, mais il insinua à son tour, à Mirmand « que la pensée de Modenx, il le voyait, était depuis longtemps qu'il ne faut faire le voyage que lorsqu'il n'y aura point de danger. Mais il y a bien des gens qui croient qu'il faudrait trop attendre pour cela » '. Modenx put bien ensuite réclamer avec insistance l'argent nécessaire à son départ, ni Jurieu, avec lequel il engagea une polémique analo-
i. Modenx à Mirmand, 9 janv. iG89 : 17, O. f« 5i. C'est nous qui soulignons. Ue Chambrier, p. 108.