Gaultier à Mirmand, 19, 9 février 1689 : 17, O, f
EMISSAIRES LAÏc^UES PRKFIÎRKS AUX PASTEURS 27',t
gue ', ni Gaultier, ne devaient considérer avec bienveillance ce pasteur qui n'osait pas se mettre ouvertement sous la protection d'un prince qu'il appelait cependant le libérateur de la Réformation.
Pour Gaultier, Venours, Jurieu et quelques autres personnalités importantes des divers pays du refuge, la question du retour des pasteurs perdait de son caractère immédiatement religieux. Les ministres n'étaient plus destinés seulement à consoler ou à fortifier des âmes, mais à prêcher la guerre sainte, et à la préparer. Le projet du Marquis de Miremont s'expliquait nettement à cet égard ■. « 11 faut convenir d'un temps pour faire assembler les protestants dans quelqu'une [chacune ?] de ces provinces [Dauphiné, Languedoc, Cévennes, Yivarais, Albigeois] et en divers endroits, sous prétexte de prier Dieu, pour lequel effet il faut y envoyer des ministres, et faire que l'on se trouve au rendez-vous de chaque assemblée, armé sous prétexte de défendre les ministres. » Prier Dieu et défendre le prédicateur n'étaient plus l'essentiel, mais l'accessoire.
La plupart des pasteurs, même parmi ceux qui s'étaient offerts à rentrer dans le royaume, ne s'accommodèrent pas du nouveau mot d'ordre. Ils manifestèrent les mômes scrupules, ou peutêtre les mêmes craintes que Modenx. Dès lors ils n'apparurent plus comme les missionnaires les plus souhaitables. « Le roi [Guillaume] dit un Mémoire adressé de Londres à M. de Mirmand et à ses amis de Suisse, a su. . . qu'on jugeait nécessaire d'envoyer des personnes de confiance en France pour consoler et soutenir ceux qui sont dans l'impatience de l'attente de leur délivrance. On trouve assez de personnes, et capables d'exécuter ce dessein, mais peu de ministres y> ^ « Vous serez bien aise, écrit au même, dans une lettre particulière, le marquis de Venours, de savoir que nous trouvons des gens de confiance qui se dévouent pour s'employer à un si grand ouvrage. Vous ne serez peut-être pas surpris d'apprendre (pour moi, je ne l'ai pas été), que nous voyons peu de ministres qui veuillent prendre ce parti, et entre vous et moi, f espère plus de succès, eu plusieurs égards, par d'autres personnes, que par ceux de ce caractère » '.