CHAPITRE YII
LES CRAINTES DE BAVILLE EN 1688 (i688)
Nous ne savons que peu de chose des comités secrets qui dirigèrent de la Hollande, de Berlin, peut-être aussi de l'Angleterre, des ministres versla France. Quelques détails indiquent qu'avant leur organisation ils avaient été précédés de groupements bénévoles qui remplissaient le même office, et que devançant même toute action collective, des pasteurs, avant que D'Artis et Brousson les eussent rappelés à leur devoir, avaient repassé la frontière.
Il n'est pas certain cependant que le Languedoc, malgré les nouvelles qui s'y répandirent, ait reçu antérieurement à 1689 la visite d'un pasteur exilé.
Sur la fin de janvier 1680, on annonçait autour de Mazamet que le ministre Yernoux était de retour. L'enquête apprit simplement qu'un médecin, étranger au pays, avait usurpé ce nom pour donner plus de poids aux reproches qu'il adressait aux Nouveaux Catholiques '.
Un an plus tard, avant même que Vivent et ses compagnons eussent quitté la province, Louvois écrivait à La Trousse : a Vous avez appris en arrivant dans les Cévennes qu'il y était revenu quelques pasteurs »'. Louvois pouvait confondre entre prédicants et pasteurs. Mais le bruit courait en effet de la présence
1. C. 165. Marc Vernoux, minislro de Mazamel. était sorti de France en 1685. Peut-être faut-il compter au nombre des prédicants cet Al)rahain du Musnier, dit Mondor, médecin, né à Sedan, qui est venu dans le Haut-Lanjruedoc en passant l)ar la Suisse? Il aurait assuré à un paj-san h qu'il était ledit A'ernoux (jui avait été oblijîé de rjuitter le paj"s à cause des belles choses qu'il avait prêchées, et qu'il avait laissé venir sa barbe lonjjue pour n'être pas reconnu ».