‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 188 sur 284 · CREATION DES MILICES · texte numérisé non relu

CREATION DES MILICES

deur, auquel il joignait celui de chirurgien-barbier, il semble être remonté dans les Cévennes au début de 1689 ' .

Pour faire iace à une situation qui s'annonçait périlleuse, Bàville n'avait plus autant de troupes qu'en 1(380. Trois forts nouveaux étaient construits, que le roi allait faire munir des canons pris récemment à Avignon, afin que les armes de l'Eglise fussent employées contre les hérétiques", mais des régiments avaient dû partir pour les frontières ^ Avec une habileté dont il se loua bientôt, et qu'il ne saurait être question de lui contester, l'intendant organisa des régiments de milice bourgeoise, sorte de garde nationale exclusivement composée d'anciens catholiques ou de Nouveaux Convertis qui avaient fait la preuve de leur fidélité à l'Eglise. D'eft'ectif très variable, les régiments étaient payés par la province '. Chacune de leurs compagnies comportait un détachement volant de dix hommes, formé des miliciens les plus aisément disponibles. Les ofUciers, choisis parmi les gentilshommes, durent acheter leurs grades, comme ceux de l'armée régulière. La recherche des fugitifs, les perquisitions domiciliaires, furent remises désormais presque uniquement à ces catholiques armés, familiarisés avec les montagnes, les vallées, les rochers, les bois, quelquefois même les maisons, qu'il s'agissait d'explorer.

Le duc de Noailles réclama de plus un nouveau désarmement général*. Le 25 août 1088 il défendit le port des armes dans le Languedoc, et révoqua toutes les permissions antérieurement accordées''. Une ordonnance, venue celle-là du roi, datée du 10 octobre, et qui commandait à tous ceux de la R. P. R. convertis depuis cinq ans, de remettre leurs armes et leurs muni-

1. C. 172. Dossier (Jouderc. Il avait -2-2 ans an di-ijul de ICS'.». Kn lO'.lU : « maijîrc, une perruque châtain ».

i. Bull. XXI X:. 407.

3. Des recrues avaient été faites dans les Cévennes en janvier et février I08H. (Actes notariés de Lasalle.)

i. Hrousson dit à plusieurs reprises que les milices étaient payées par li^ clergé. Sur les milices voir IJi.tt. du Lanffuedoc. XIII. (îll) ; XIV, 138'», lilO, et les Registres des Communautés. Le corps des milices, sorte de réserve territoriale, fut créé dans le royaume par un édit du 9 décembre 1688.

a. Une ordonnance de la Trousse, du 20 juillet 1C86, avait déjà désarmé les Cévenols. Il semble qu'une mesure analogue ait été prise même en 10S:i. (Voir nos 1'. J.).

6. Le ;{1 août, le major du fort d'Alais réclame aux consuls de Saint-Jean du Gard toutes les armes qu'ils ont à leur disposition, en oi'donnant des peniuisitions nouvelles (Reg. de la Coiiini. de Saint Jean),

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lions entre les mains des magistrats, à peine des galères pour les contrevenants, fut affichée le 14 novembre \ Le !^6 du même mois, les consuls étaient avertis par lettre expresse, que les peines encourues seraient exécutées avec la dernière sévérité-.

Les quelques compagnies de dragons demeurées dans les Cévennes reçurent Tordre d'être impitoyables. Louvois, trouvant que les jugements que Bàville portait contre les protestants assemblés n'étaient pas encore assez durs, ordonna à La Trousse (25 août) de les remplacer par des massacres. Les troupes qui tombaient sur un culte clandestin ne devaient plus faire que fort peu de prisonniers, mais en mettre beaucoup sur le carreau, n'épargnant pas plus les femmes que les hommes. « et cet exemple fera assurément beaucoup plus d'elTet que celui que pourrait ordonner la justice ordinaire »'. Les capitaines menacèrent les consuls de les rouer de coups, les soldats écharpèrent impunément, dans les rues des villages, des passants inoffensifs ^.

Un système d'espionnage fut établi dans toute la région suspecte par les soins de l'intendant et de Fléchier. a Vous ne pouvez mieux faire, écrivait Bàville à lévêque de Nîmes (2 avril 1688) que de choisir quelque homme en chaque lieu principal, à qui vous ferez donner une petite pension, et qui ait un soin constant des affaires de la religion '.

L'année 1088 finit douloureusement pour les Cévenols. Dans la nuit du 26 au 27 décembre, un culte ayant été célébré, dans une caverne, entre Mialet et la hameau de la Baumelle, deux tles assistants, Jean Pierre Bony, d'Anduze, et Jacques Puech. furent pendus à Anduze. Neuf autres allèrent ramer sur les galères du roi : seize femmes ou jeunes filles se vii'ent enfermées au cliàteau de Soramières; une autre, Suzon de Jean, fut menée à la Tour de Constance '.

I. Les X. C. gentilshommes avaient seuls le droit de conserver deux épées, deux fusils, deux paires de pistolets, et six livres de poudre. Ils n étaient passibles que de 1,(X10 livres d'amende en cas de contravention.

i. Pap. Teissier.

A. Rousset, III, 500. Ceci était sans doute une réponse à rassemblée tenue par Quet à Airesèque le 25 juillet.

V. Plainte des Consuls de Lasallc, IC déc. 1C8S (C. 176). — Excès des dragons au Collet de Dèze, -29 dcc. 1688 (C. 167).

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