‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 190 sur 284 · L'ARRIVÉE AUX CÉVENNES · texte numérisé non relu

L'ARRIVÉE AUX CÉVENNES

(Janvier-Août i68y)

Le prince d'Orange, dont le nom avait été prononcé a tort en 1(584, lors despremiersmouvementsdu Midi, était depuisdevenu l'espoir des protestants. Au début de 1G89, le Haut-Languedoc était « infatué de lui ». Le Bas-Languedoc, depuis l'expédition d'Angleterre, le regardait « comme un second Messie ». Un habitant d'Alais est poursuivi pour avoir dit que le prince a formé des fugitifs du royaume une armée de cinquante mille hommes pour faire la guerre au roi » '. Le régiment suisse d'Herlac, ayant fait étape à Uzès avec les deux ministres qui lui servent d'aumôniers, une manifestation se produit. Les Nouveaux Convertis ont des conférences avec les pasteurs. Au moment du départ, la foule suit, un des ministres est entouré, des femmes baisent ses habits, et lui, « leur prêche » environ trois quarts d'heure. Le second étant arrivé, on l'enlève de son cheval pour le porter dans cette « assemblée ». 11 faut enfin se séparer, mais non pas sans qu'on ait entendu une dernière fois cette recommandation de l'un des aumôniers : « Adieu Messieurs ! soyez fermes, et dites à vos frères qu'ils le soient aussi et qu'ils le (?) verront bientôt » ',

Les rêveries les plus bizarres corroboraient les espérances. Les quatrains du célèbre astrologue Nostradamus jouissaient encore d'une vogue persistante.Dans ce grimoire, quelquesesprits de bonne volonté cherchaient la ratification des événements du passé, et prétendaient découvrir l'avenir. Quatre vers, furent appliqués à l'expédition de Guillaume en Angleterre par les

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