‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 192 sur 284 · Le jugement (qui manque) fut rendu le 23 mars · texte numérisé non relu

Le jugement (qui manque) fut rendu le 23 mars

SURVEILLANCE DES X. C. C.EXTILIIOMMES 313

rattachèrent, comme Bàville, aux menées de la ligue européenne. Les protestants d'Anduze blâmèrent « un mouvement qui avait été fait trop tôt, et qui ne servait qu'à faire prendre les plus };randes précautions contre les nouveaux catholiques ». Bàville, informé du propos par un juge d'Alais, le S"" de Saint- Auban, transmit la nouvelle à la Cour. Le 20 mars, il sut par la même voie, que le ministre dOlimpies, qui devait venir dans les Cévennes, était allé en Angleterre concerter avec le prince d'Orange le temps d'entrer dans le pays avec cinq autres ministres, et que la résolution avait été prise de n'y point revenir « avant que le prince e\\t fait une descente sur les cotes ». Saint-Auban, qui recevait les confidences du S' Ro*lier, d'Anduze. avait été sollicité par lui de retirer dans sa maison les ministres lors de leur arrivée ' .

Bàville Ut demander à son indicateur le nom des gentilshommes N. C. des Cévennes que leurs anciens coreligionnaires croyaient disposés à favoriser un coup de main. Des listes de ce genre furent d'ailleurs dressées pour tout le Languedoc, qui permettaient d'épier les suspects '. L'intendant lit établir également, avec l'exactitude que permirent les souvenirs de leurs anciens

1. Hugues, Uist. de l'Eglise d'Anduze, p. O'JO. Lettre du ii\ mars IGK;). Ou trouve C. -H'v la lettre de Saiut-Aubau à Bàville, <u'i il propose (-28 decembi'e lOHS) de « lier eoiuiuerce avec un chef des X. (^..pour découvrir ce qui se passe tant dedans qui dehors le Royaume ». L'avocat Isaac Rodier d'Anduze est noté dans un Mémoire touchant l'état de la religion dans le diocèse d'Alais du 21 janvier IGS'J (C. -H'-i) coralue toujours eu liaison avec les nuilintentionnés, et la maison du Sieur de Sainl- Auban, ancien catholique « selon de 1res l'ortes api)areuces peu allectionné à la religion », est mise au nombre de celles >( où s'assemblent les N. C de la ville I d'Alais], où l'on prend le |)rétexte du jeu pour débiter les nouvelU-s ». Sur d'Olim- |iies, voir p. 10, et Douen, L 458. Le projet de d'Olimpies se rattache sans doute à des négociations qui dataient de plus d'un an auparavant. Le :2i n<)vend)re 1G87, Honrepaus écrit de Londres à Seignelay : « Il se t'ait ici un projet pour entretenir (|uarante ministres eu France, .le travaille à découvrir leurs noms et les lieux où ils l'ont leur résidence ordinaire. On pourra rendre ce projet inutile, mais pour le Caire certainement, je crois (pi'il les laul prendre tous en même temps : c'est (■<' (|ui l'ait que je ne vous en fais pas aujourd'hui un plus long détail (ne sachant tout ce que l'on me l'ait espérer de [me ?] dire) pour n'en mancfuer aucun ». (Arch. a fi', étr., Angleterre, Corresj). n" 103, f° l'.)9. Commun. R. Durand).

■2. Ces listes (C. 273) ont été publiées Bull. XXIX, 214, 3i9 : XXXII, 263. Elles supposent des Mémoires sur les N. C. des diocèses de Montpellier, Lavaur, Castres, Nîmes, Alais, l'zès et Mende. Nous ne possédons plus que le Mémoire sur l'état de la religion dans le diocèse d'Alais (C. 2";!). Voir encore C 27'» : Etat des gens les plus à craindre dans le quartier du ]'igan en cas de mouvement et qui fiourraient se mettre à la tète des mutins, et <[uelques pièces analogues concernant le Vivarais : Etat des gentilshommes .V. (J. du diocèse de ^'ieiers tiui sont dan-t le pays au mois de février i(iS() : Etat d'autres familles [du Vivarais] qui tiennent quelque rang de gentilshommes quoique déclarés faux nobles ; Etat des .Y. C. suspects du diocèse de Y'iviers.

314 LES rUKDICAM'S PROTESTANTS

paroissiens, les Portraits des ministres du diocèse de Nîmes qui sont sortis du royaume\ Du point de vue militaire, une étude précise des Gévennes et du Vivarais avait déjà précédé ou accompagné la création des régiments de milice-.

M. de la Haye, gouverneur de Saiat-Hippolyte avait été ofliciellement informé des massacres du Vivarais ^ L'exemple fait devait apprendre aux mutins des Gévennes de quelle manière ils seraient traités en cas d'émeute. La guerre déclarée à l'Espagne le 17 avril dégarnit les montagnes et la plaine de régiments envoyés en Roussillon, mais les autorités étaient maintenant armées d'une récente Déclaration du roi (15 mars), qui ordonnait au Commandant militaire du Languedoc de condamner c( sans forme de procès » à la mort ceux qui seraient surpris dans une assemblée, et aux galères les hommes soupçonnés d'y avoir été.

Les boucheries du Vivarais et l'organisation des milices réduisirent pour un temps les prédicants au silence. Mais leur nombre ne diminua pas. Les informateurs signalèrent leur passage, en se méprenant parfois sur leur personnalité. Le 2 mars, les communautés des Gévennes recevaient l'ordre « de surveiller Vivent de Valleraugue, Fesquet de Saint-Hippolyte et Bringuicr de Golognac, et autres prédicants, qui étaient entrés dans la province, et de former des corps de garde w '. Bringuier, en Hollande ne pensait pas à rentrer dans le royaume ; Vivent n'avait pas encore quitté Lausanne ; quant à Fesquet, de son vrai nom

1. C. 271» (contient 28 noms). On trouve dans le même carton les Portraits dea ministres des diocèses de Castres, Albi et La^'aiir sortis du royaume.

2. Voir C. 274 : Etat des châteaux et /liaisons fortes qui pourront servir de retraite aux troupes en cas de t)esoin dans le diocèse de Viviers, parmi les Xoiiveaux Convertis, cl surtout une lettre à Bàvillo, non sig-néc,qui doit être de la lin de U'iHS, ou de 168'J. Elle l'ournil des renseignements sur lesN. C. dangereux, discute lu situation stratégique des Gévennes et conclut à la disposition suivante des l'orces militaires : (C Le poste le plus important est le Font de Montvert où il faut une compagnie de dragons ; il faut une compagnie d'infanterie à Saint-Etienne Valfrancesque, Vébron, Montvaillanl [près Florac], Vimbouches, Barre, Gabriac, Moissac et Marvéjols. Enfin il y a le château de Portes, qui est dans le diocèse d'Uzès mais aux limites de celui de Mende, maison forte, remplie d'armes [enlevées aux N. G.] où personne ne demeure et où il serait de conséquence qu'il y eut une compagnie d'infanterie ». La lettre se termine ainsi : « Avis : le Vicomte du Ghayla offre, sans qu'il en coûte rien au roi, cinq cents bons hommes sur pied, tous anciens catholiques, et ayant presque tous été au service, quelques-uns même olliciers, et ce, en huit jours après être averti, ne demandant autre chose que des armes pour trois cents ».

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