‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 208 sur 284 · Pap. Court, 17, B, f · texte numérisé non relu

Pap. Court, 17, B, f

3i4 LES PRÉDIGANTS PROTESTANTS

taire de la maison des Ghazes ; mais c'est par Bàville que nous connaissons le véritable traître. « Le nommé Gleize, écrit-il à Louvois*, qui ma fait prendre ces quatre hommes, a fait encore arrêter le nommé Pintard. Ce Gleize se conduit de manière qu'il ne paraît jamais aux captures qu'il fait faire et que Vivens se croit un de ses meilleurs amis. Afin d'augmenter davantage le crédit qu'il a parmi cette canaille, je me suis avisé de faire abattre sa maison et je lui fais son procès par contumace. Je n'ai commerce avec lui que par un curé qui parle à un de ses parents. Ce ne peut être que par ces sortes d'artifices que l'on peut réussir à prendre ces gens-là, à cause de la difficulté des lieux »■.

La « canaille» espionnée par les apostats et parles prêtres, tourna sa fureur contre eux. Le 31 octobre, Pierre Mielgues, « inspecteur » du quartier de Gaderles (Saint-Jean du Gard) fut tué à coups de fusil « en haine de ce qu'il donnait avis au S"" Barthieu, vicaire de Saint-Jean, et aux consuls, lorsque des fugitifs passaient audit lieu pour convoquer des assemblées». Quatre suivants des prédicants « qui avaient été commandés pour cela » l'abordèrent pour lui demander s'il n'avait pas avis de quelque culte, et « l'expédièrent» '.

Quelques jours plus tard(o novembre), une cinquantaine de fugitifs armés, au nombre desquels était Vivent, se tenaient en embuscade vers Cabrieyroux, au pied de la montagne Saint- Pierre, pour enlever Dombres, Pellet, Bastide et Lallemand qu'ils pensaient devoir être transférés par Lasalle, de Saint-Etienne à Saint-Hippolyto. Avertis trop tard que les huit soldats commandés par le S"" Didier du régiment de Yillevieille, qui accompagnaient les prisonniers, étaient descendus du Col Saint-Pierre vers Saint-Jean du Gard pour atteindre Alais, ils se vengèrent de leur déconvenue sur le prêtre de Peyroles, Refi'égier, qu'ils rencontrèrent à la tombée de la nuit, au bord du Gardon de Saint-Jean (au Valat du Rieu). Le curé percé de trois balles et de cinq postes (chevrotines) fut retrouvé dans la rivière dépouillé de son chapeau, de ses souliers et de ses bas ; mais il avait encore dans ses poches cinq louis d'or et une pistole. Vivent, quand il

1. Arcliives de la Guerre, d'après F. Piiaux {Eglise Libre d\i 25 janvier 1884).

2. La Terme des t]hazes aj'ant été seulement «découverte », c'est-à-dire privée de son toit, on crut que le propriétaire, M. Delcros, apostat, était de la traliison. (D'après Bastide. l'ap. Court, 17, B, f- 190).

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