‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 21 sur 284 · Bail. XIX-XX, p. 3i)i · texte numérisé non relu

Bail. XIX-XX, p. 3i)i

AGITATIOX A NÎMES 27

rement »'. Le pasteur Icard, par conti'e, publia un Ai^is salutaire aux Eglises de France - adressé aux « Nicodéraites T>. Il reprenait, pour qualifier les tièdes et les temporiseurs, cette expression forgée par Calvin, et ne les ménag^eait point. « Ils feront plus de tort à la Rétormation que ceux qui l'ont abandonnée par leur révolte [abjuration]. Si nous péinssions. ils seraient coupables devant Dieu et devant les hommes, de notre ruine, à cause que le peu de discernement de quelquesuns et la lâcheté de la plupart auraient rompu les mesures des gens de bien, et empêché qu'on ne prît une vigoureuse résolution qui est seule capable de nous sauver ».

Icard avait pour lui la plus grande partie des pasteurs du bas pays. Dès que la nouvelle arriva dans la ville de la reprise des cultes à Saint-Hippolyte et dans le Vivarais, les ministres du Colloque de Nîmes réussirent à s'assembler secrètement (20 aoùl\ chez le marchand Escot \ Vingt-cinq d'entre eux, et avec eux le pasteur Baudan père, du Colloque d'Uzès. mirent leur signature au bas d'un acte où ils affirmaient le devoir des ministres de prêcher partout où l'édit de Nantes leur en conférait le droit. Une copie de la pièce fut envoyée dans le Vivarais \ La colère des modérés fut telle, contre une démarche qu'ils jugèrent désastreuse, qu'ils allèrent jusqu'à la dénonciation. Le pasteur de Clarensac, Daniel Quesnot, qui n'avait point été de la réunion, réussit à convaincre deux de ses collègues qui en sortaient, François Duval (de Caveirac) et Jacques Arnaud (de Langlade), de la nécessité de dégager immédiatement leur responsabilité. Il marcha avec eux toute la nuit pour les conduire à Montpellier. Noailles les adressa à Daguesseau, lequel les renvoya encore à La Baume, conseiller au présidial de Nîmes, qui reçut leur déclaration et garda leurs noms secrets \

Le 7 septembre, le jour même où s'ouvrait l'assemblée de Colognac, des députés de Saint-Hippolyte et du Vivarais essayèrent vainement d'obtenir du Consistoire récalcitrant

1. Voir la lettre dans iHrousson) Apologie..., p. 135. Klle est du -28 juillet. Les Directeurs des Cévennes y répondirent iBull. XXVI, 68).

2. Cité par D. Benoit, dans Lelièvre, de la Rtxocation..., p. lï. La date n'est pas donnée, c'est sûrement 1683.

Page 1