‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 210 sur 284 · Douen, IL lt · texte numérisé non relu

Douen, IL lt

CONFKUENCE SOUIIAITl'iE PAK BROUSSON 3*9

mois de septembre 1G89, Brousson, sans rappeler l'émeute, expose les sentiments qui l'ont alors agité. Il ne nie pas s'être alors uni à Vivent, mais il laisse entendre qu'il aurait voulu aller moins loin que lui ' .

A cette date, dit-il « quelques personnes malintentionnées » ayant fait courir le bruit de l'entrée prochaine des troupes anglaises dans le Languedoc, Brousson souhaita de conférer avec quelques-uns des principaux du pays des Cévennes pour leur proposer d'envoyer une requête au roi et le supplier de leur redonner leur première liberté, en vue de « prévenir les malheurs dont on était menacé ». Son dessein était aussi de représenter « qu'au cas que quelque puissance étrangère vint à se rendre maître du pays, il fallait prendre des mesures pour conserver la liberté de retourner sous la domination [du roi] en [le] suppliant très humblement de vouloir mettre lîn à la misère de ses sujets. . . Le roi ne pourrait jamais en effet consentir à la perte d'un pays de cette conséquence et ce serait une matière perpétuelle de guerre pour les réformés dudit pays et leur postérité. »

Nous ne nous refusons pas à comprendre dans quelles limites Brousson comptait faire appel à une intervention des alliés. 11 n'en voulait utiliser la menace que jusqu'au moment où Louis XIV céderait aux instances des réformés de France, et il exigeait que les régions envahies restassent françaises. C'est en ce sens qu'il demeurait fidèle sujet. Un tel programme, qui était celui de Jurieu", contentait en même temps son loyalisme et sa foi. Notons seulement un point. Pour avoir supposé que le Languedoc et les Cévennes pourraient passer aux mains de l'étranger, il faut que sa confiance ait été aveugle dans la force des armées coalisées et dans le secours qu'un mouvement des religionnaires du royaume leur apporterait.

La conférence que Brousson désirait convoquer aux Cévennes n'eut pas lieu, à son propre témoignage, et s'il écrivit peut-être alors la requête qu'il méditait de faire parvenir au roi, il la garda par devers lui '. De cette époque de sa vie, où dans la suite de Vivent, il cherchait encore sa vocation, attendant une

Page 1