‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 216 sur 284 · Ihill. XXWIII · texte numérisé non relu

Ihill. XXWIII

•2. Jiull. XXWIII, 383. Les préoccupa lions du roi sotaioiit lait jour dans des rôves clraiijrcs donl l"uu lui décrit dans la Gazette de France tiu il iiov. I()8'.>. Le roi on demandait IVxplicalion. l'ii Hollandais fournit ininiédiatenu-nt la sienne (19 nov.) {Recueil factice de pièces sur la Ftévocation à la Bibl. du prol. Pièce 3-2). Hrousson devait plus lard, lui aussi, interpréter le songe. Sur les rêves du roi voir Jurieu {Bull. LV, 133) cl un pamphlet de lOM (Bull. XLI, 113).

Brousson et Jurieu, avaient ainsi que Vauban, considéré comme éminemment désirable l'octroi de la liberté de conscience avant que la violence eût consommé son œuvre. Les «remontrances» qu'ils avaient déjà présentées, ou qu'ils se proposaient d'écrire, étaient autant de cris d'alarme qu'ils jetaient vers leur souverain en même temps qu'ils marchaient contre lui. En Suisse, sans se soucier de remontrances de ce genre, et tout à leurs projets militaires, les réfugiés organisaient la lutte. Les espérances trop faciles des esprits échauffés, le départ prématuré de Vivent et de Brousson, le caractère trop exclusivement apostolique de ce dernier, l'insuffisance tactique de son compagnon, provoquaient de sérieuses discussions. Le pasteur de La Croix, écrivait à Mirmand pour corriger les enthousiasmes de Gabrol*.

(c Ne vous hasardez pas, mon cher Monsieur, de parler à M. Goxe [l'envoyé extraordinaire du roi d'Angleterre], sur l'avis que vous avez reçu qu'on trouverait facilement GOOO hommes dans le pays de Vaud. Avec la permission de l'ami qui vous l'a écrit [Gabrol] il y a beaucoup, mais beaucoup de la chimère là dedans. Plût à Dieu de pouvoir compter sur 3000, encore faudrait-il, pour les faire marcher, avoir des officiers, et de l'argent, et qu'on osât intéresser tout de bon le roi d'Angleterre. » On ne peut rien attendre, pour le moment, des autorités de Berne, qui retiennent en prison le capitaine Bourgeois. Se fournir de munitions est facile, d'armes, diilîcile. « Je vous dirai mon sentiment sur l'état du Dauphiné et des Gévennes, et à l'avance, comptez que c'est un abus d'entreprendre de lier aucun commerce solide sans argent. Ils ne se laisseront persuader qu'on veut tout de bon les secourir qu'en les secourant tout de bon, et je connais des gens qui ne se déclareront qu'en touchant » .

L'attitude de Brousson, qui risquait de se démasquer trop tôt et de susciter une répression impitoyable, était de nature à indisposer les illustres protecteurs de son entreprise. La Groix donnait de prudents conseils. « M. Brousson a fait plus de mal que vous ne pensez, en ce qu'il nous ôte le moyen de persuader. M. Vivens, M. Dubruc, tout cela, pour vous parler franchement sont gens à qui ni vous ni moi ne faisons bien de nous fier...

1. Pap. Court, 17, O, f" 17-2. 29 oct. 1689(Isaac SiiKnol de la Croix [M. de La Croix] ancien min. de Crcst en Dauphiné, alors pasteur à Morg-es). Le livre de Jaccard (p. 124) ne dit rien de la part que Sag-nol a prise aux démarches militaires de 1689 et 1690, mais il nous apprend que le pasteur, en 170V, a favorisé les projets séditieux de Tobie Kocayrol (p. lil).

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