PLAN DU MARQUIS DE MIREMONÏ
J'ai oublié de vous dire qu'on ne manquera point d'imputer à tous ceux qui se mêlent d'ailaires le défaut de la conduite de MM. Brousson et Yivens, et je crois très nécessaire que vous ayez la bonté de dire nettement à M. Coxe que ce sont gens que nous n'avouons pas, et qu'il faudra pourtant dans la suite s'en servir en certaines choses dont on pourra avoir besoin et oîi ils pourraient être utiles. Et ainsi ne les décriez pas absolument, et ne parlez pas de leur méchante conduite qu'autant que cela sera [nécessaire] pour attirer de la confiance pour les autres qui agiront plus à propos ^)\
En réponse à la lettre que Mirmand avait envoyée à Jurieu le 10, !20 septembre, et que celui-ci avait fait parvenir à Londres en l'accompagnant de la copie de la lettre de Brousson, Gaultier l'informa enfin (29 novembre) que le roi Guillaume était tout disposé à secourir les réfugiés et les Vaudois, mais « qu'il ne voyait pas bien ce qu'il pourrait faire présentement pour eux. » Gaultier demandait donc des Mémoires qui continssent exactement « les desseins qu'on peut "V^i„''..l£'^-^'*^T**"^^^"'^^ pi-étend se^sei'j^^i» pour les exécuter, et le secours qu'on demande -aSTM. soit en argent soit autrement ». Il réclamait aussi des détails sur les dispositions des Gantons évangéliques. qu'on savait déjà en Angleterre peu favorables à des tentatives aussi hardies. Il suppliait enfin Mirmand de conseiller à ses amis de France d'éviter « toute démai'che d'éclat, soit à l'égard des remontrances, soit autrement ». « J'écrirais à M. B[rousson], dit-il, si j'avais le chilfredont vous vous servez sans doute avec lui, et il serait nécessaire qu'il put m'écrire aussi directement, si cela se pouvait faire avec sûreté »■.
Assurés de la bienveillance et de l'appui éventuel du roi d'Angleterre, invités par lui à exposer leur audacieux dessein, les réfugiés de Suisse se mirent à l'œuvre. Peut-être avaient-ils à bâtir sur le plan du marquis de Miremont ; il est curieux en tous cas de noter les modifications que les circonstances imposèrent au projet de celui-ci.
Le Mémoire du marquis, avait présenté l'invasion du Dauphiné comme assez facile ^ Deux mille hommes d'élite, avec de