Bull. XXXII
4. Pour ce qui suit voir C. 17u : Dossier des accusés de Vialas (.4.ss. de l'Espinaz). Dossier Sautier, Dossier Bonnemère et le Mémoire de l'espion Régis.
5. ^Fordecet (en patois : mort de soif) est un hameau à un kilomètre el demi de Sain l-Marcel-les- Valence.
DAUTUX ET DLItAM) A OEXOLUAO 360
à Grest, rejoignirent le Rhône au Pouzin, par Loriol'. pénétrèrent à leur tour dans le Vivarais, et par Privas et Aubenas atteignirent les Vans. Sautier, qui était sans doute allé chercher des vivres dans le bourg, y fut arrêté, fouillé, puis élargi par ordre de M. de Ghambonas. Il retrouva les deux ministres le lendemain matin dans un cabaret « où tout était catholique », au-dessus de la côte de Naves', qui sépare les Vans de la vallée de la Cèze. Enfin le lundi 30 janvier, tous trois entraient de nuit à Genolhac et allaient directement loger chez le chirurgien Leyl*is^ Gelui-ci avait étécertainement prévenu de leur arrivée, car les ministres s'étaient fait précéder par des lettres. De Loriol. Durand avait écrit au baron de Saïgas, en Gévennes', et au S'^de Gandiac, à Nîmes ^ de venir le retrouver à Montselgues près de Goncoules. chez un de ses anciens paroissiens, Ghabert. qui habitait une demeure isolée.
Le 1*^' février trois hommes les vinrent joindre, dînèrent avec eux et Leyris dans une chambre haute, pendant que Sautier, qui avait pris le surnom de Villeroy ou repris celui de Ghevalier qu'il avait porté autrefois, demeurait en bas. Il n'était pas de tous les conciliabules, et les projets de Dautun nécessitaient le mystère.
Durand et Dautun, suivis toujours de Sautier. quittèrent Genolhac le soir même. Ils allèrent passer une paitie de la nuit à Montselgues, très probablement pour remettre à Ghabert des lettres importantes qu'il se chargerait de porter à leurs adresses. Vers minuit ils étaient déjà revenus sur leurs pas et gravissaient les pentes du Mont Lozère. Ils arrivaient à Vialas
1. Il y aviiil à Loriol un loueur de voilures i[uc Lagraiige conuaissail pour favorable aux proteslanls. L'hôle des Trois Pigeons, au Pouzin, enlre Loriol et Privas, faisait passer le Rhône. (Dossier du guide Ragatz. G. 167).
i. C'est sans doute Malons, mentionne dans le Mémoire de l'espion Régis.
3. Leur itinéraire permet de savoir en combien de jours on pouvait alU^r de Genève aux Gévennes. Le 'H. janv., départ de Genève : i3, .Mordecet : •!(>. Loriol ; :27, sur la montagne au-dessus de Privas : :28, Aul)enas ; it, Malons : :t(i, Genolhac (Oossier Sautier, G. 170).
4. François Pelet. baron de Saïgas, ne reparaîtra i)lus dans noire récit. Ou sait qu'il fut condamné aux galères en 17()3 comme complice desCamisards. Sa cul|)abilité n'était pas prouvée. Il est probable que Bàville se soutint alors que Durand, on 1690, avait cru pouvoir comi)ter sur lui. Une liste de suspects (1689) dit que le baron « garde les apparences et i)eut cire dangereux parce qu'il est accrédité ». Ihill. XXIX, 361.
5. Bull. XXIX, 349. Noté en 1689 comme étant toujours à (îrenoblc ou à Toulouse.
deux heures avant le jour et frappaient, à Xojaret, chez le notaire Pierre Alignes, nouveau converti de 1681 qui passait pour ancien catholique, et qu'un sien cousin, Gervais, S'' de lArgentière, du Fesc. avait décidé, en cette qualité, à loger les ministres. Vignes ne reconnut pas d'abord Durand, qui se nomma, ajoutant qu'il était venu dans le pays pour consoler ses frères. Mais le notaire avait changé de sentiment. Il déclara au pasteur qu'il allait faire des affaires à la paroisse, qu'il se ferait pendre, et ferma sa porte '. Il fallut aller demander asile à l'hùte du lieu. Mo'ise Durand, zélé protestant, qui reçut les pasteurs dans une chambre basse et leur amena deux amis aussi ardents que lui, Jean Laurans. et le beau-frère de celui-ci, r>onijoli. ancien régent des écoles ■. L'hùte Durand, mis dans le secret de l'insurrection projetée, en affirma la possibilité, renchérissant sur les espérances des pasteurs et prétejidant qu'ils auraient avec eux plus de monde encore qu'ils ne pensaient. Quelques heures après, Sautier partait pour l'ancienne paroisse de Dautun, Saint-Privat de Yallongue, où il avait été lui-même en garnison, et où il allait revoir un Cévenol dont il avait suivi la fille jusqu'en Suisse.
Il était chargé par les ministi-es d'annoncer leur retour, en particulier au S"^ Teissier ' et au S"^ Pascal * dont il savait que le rùle devait-être prépondérant. Au-dessous de Vialas, il rencontra un f jeune garçon vêtu de gris blanc », qui n'était autre que le proposant (prédicant) Roman, lequel, après avoir bu à la gourde de l'ancien dragon, lui raconta, sans se nommer, son évasion du château de Saint-Jean.
Le lendemain soir (3 février), Sautier après avoir vainement cherché les deux pasteurs au rendez- vous qu'ils lui avaient marqué, les trouva vers les Ayres (Saint-André de Lancize) et reçut d'eux de nouveaux ordres.
De grandes assemblées avaient été décidées pour la fin du mois. La première était indiquée pour le !^:2 février à la plaine des Yyols (?) sur une haute montagne entre Saint-Maurice et
1. Vignes ût plus : quelques jours après il conta la chose au curé, qui le traita de visionnaire, ajoutant que « s'il était vrai que Durand fût revenu, les prêtres seraient à la boucherie >>.
2. Jean Lauians, Seigneur de la Blachére et de la Xogarède. i9 ans. Jean Bonijoli. 34 ans.
3. Teissier. Seigneur de la Vernède et de Vimbouches. de Saint-Frézal. Bull. XXIX, 362.
i. « Beau fils dun autre S Teissier, ministre (?) » Il était originaire des Vaus.