Le roi partit de Londres le IC juin
■2. Soupirs de la France esdare, o' mémoire (dans Roussel, IV, 42.">). « Que sigrnifient toutes ces extravagances qui ont été faites à Paris, à Montpellier. . . On a eu le plaisir de voir l'eftigie du prince et de la princesse pendue, écartelée, brûlée, ('•corchée par les bouchers, Iraint-e dans les rues, déchirée par les écoliers des j<''suiles travestis en démons ». Sur les émotions provoquées en une région du royaume toute difTérente, par la victoire de Guillaume puis par la fausse nouvelle de sa mort, voir Bull. XL -'JL le journal d'un X. C. de Metz.
3. Sur l'ordre de l'intendant des feux de joie furent allumés le 16 septembre dans le Languedoc pour célébrer le sticcès de Catinat. Une information fut dirigée contre un habitant d'Annonay (Ardéche) coupable d'avoir dit le 13 : « Si le roi venait à mourir, il faudrait de plus grands feux de joie que celui qu'on doit faire demain ». C. 170.
388 LES PRKDICAKTS TROÏESTANTS
Sclîomberg était mort dans le combat de la Boyne ; sa gloire fut célébrée à côté de celle du prince qu'il avait rendu victorieux. Le compagnon de Vivent, Papus (qui avait pris le surnom de La Rouvicre), fidèle témoin des émotions diverses des prédicants pendant ces douloureuses journées, avait transcrit deux sonnets composés sur la mort de Sclîomberg et aussi quelques vers satiriques relatifs à la prétendue mort de Guillaume III et à la fuite du roi Jacques. En lG9o, il les portait encore sur lui avec ses lettres les plus précieuses.
Les deux sonnets ont été composés par quelque lettré. Les petits vers, venus de Paris, étaient l'œuvre d'un protestant doué de plus de zèle que de poésie :
L'illustre Choml)crt est mort Le Ciel a lini son sort.
Mais il est mort dans la g-loii-e Pour revivre dans Tliistoire '.
1. G. 17i. Dossier Papus (voir KoiuiiicUc, II, 70 ; Bail. LVII, l'J'.t). Voici un quatrain sur le prince d'Orange qui lait allusion à la l'ausse nouvelle de sa mort :
Sa prudence et sa vaU'ur Sèment partout la terreur, Vue insolence publique A fait son panégyrique.
Un autre quatrain sur le roi Jacques, s'achève par un trait dont la pointe nous
échappe :
Il disparaît, ce monarque fuyard
lincore un coup, sans trompette il déloge.
Qu'on ne l'appelle plus le roi Jacques Estuard [Stnart]
Il sera désormais nommé Jacques Déloge (?)