LES PRÉDICANTS EN 1690 LA RÉORGANISATION DES ÉGLISES
Les noms des seuls prédicants cévenols Vivent et Roman ont été prononcés pendant le procès qui suivit l'assemblée de l'Espinaz. Au moment où l'attention de Bàville était tournée vers la Lozère, leurs compagnons d'cruvre étaient en elTet dispersés, et sans doute par un dessein prémédité. On voulait comme le disait Bonnemère, « faire des assemblées de tous côtés à même temps», jusqu'au jour où les ministres et leurs auxiliaires se réuniraient chez le menuisier Bollre, d'Anduze, où seraient prises les dernières mesures. Aux premiers mois de 1690, Roman et Vivent se tenaient, nous lavons dit, sur la Lozère et le Bougés. Mazel fut pris dans le quartier de Barre et du Pompidou. Quet était vers Le Vigan, avec Laporte et Lapierre semble-t-il. Gazan, qui avait passé le mois de décembre près de Saint-André de Valborgne, et qui s'était trouvé à Molezon lors de l'arrestation de Mazel '.quitta alors les Cévennes et prit pour sa part les environs de Montpellier. Après avoir manqué être saisi à Sainl-Hippolyte où il reçut deux coups d'épée, il prêchait, en février, dans les campagnes de Pignan et de Montagnac, ayant laissé son surnom de La Vallette, et repris pour son compte, depuis la mort de Mazel, le nom de guerre de La Jeunesse, comme pour rendre un dernier hommage à celui qui l'avait d'abord porté ■.
I. Il prrclia en j;iiivier près du Mas Rt>gt'i\ César Combi'l, du .Mas Bunuel, donna avis d(' rassomblrc au R. P. Cliapolle. de Harre. puis « étant sou|>i;oiiiié. il ny alla pas, craignant d'être assassiné ». Ce même Combct avait assisté en mai IGS'.i, à un culte de Ma/el « dans un chastenet » [sous des chàlaig'niers] dominant le Mazaoul (.Molezon). G. 170. Dossiei' Mazel.
a. Il est à noter que Vivent, de même, porte parrois le surnom d'Olii'ier, sous lequel Mazel avait été aussi désijiiié. Le 2V février Gazan prêchait à unedemi-Iieuc
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Brousson abandonna également les Hautes-Cévennes dès le commencement de Tannée nouvelle. Il nous est possible de connaître les premiers chemins qu'il parcourt à titre désormais de prédicateur, grâce à quelques enquêtes et aux manuscrits de de ses sermons. Les minces cahiers couverts d'une fine écriture régulière, souvent raturée, qui furent saisis sur lui en 1698, portent parfois au bas de la dernière page, à côté de la date où le discours fut prononcé, l'indication du lieu où se tenait l'assemblée, ou plus généralement la liste des communautés qui ont fourni les auditeurs. Brousson ne prenait même pas la peine d'eifacer ces indications quand il passait ses sermons à l'un de ses confrères, pour lui faciliter la tâche. C'est un de ses manuscrits trouvés sur le prédicant Colognac, dont nous allons parler, qui nous permet de le suivre, descendant du Bougés ou de la Lozère et gagnant la Gardonnenque par Lasalle et Lédignan\ Le 28 janvier, il donne entre Sanilhac, Sagriès et Blauzac (au sud d'Uzès) un sermon nouveau qui devait être un de ses préférés, sur Les démons servis dans les idoles (I Cor., X, 19-21) ■. Une information nous apprend que deux jours après, au même endroit, eut lieu une seconde assemblée, dont le curé de Sanilhac, qui la cherchait, entendit retentir les chants. L'enquête révéla que le prédicant (son nom n'était pas encore connu) avait été reçu dans une maison d'Uzès \
Brousson se consacrait à ses devoirs nouveaux avec la reconnaissance d'une âme qui, après avoir longtemps cherché, avait enfin trouvé sa voie. La description qu'il donna de ses travaux spirituels, dans sa Relation des Merveilles, est toute pleine encore du feu de son zèle, qu'il alliait d'ailleurs avec une méthode rigoureuse. Le plus souvent il prêchait de nuit et « dans les
de Pignaii au quartier de la Devèze, dans le bois des Blaquières, devant 3 à iOU personnes. Il avait avec lui « son chantre, grand et bien lait, d'une vingtaine d'années». Quelques jours auparavant il avait i)arlé dans la bergerie de Jaquette. Le dimanche 26 il est au mas de David (Cournonsec) : quelques jours après à la bergerie de Coulondre. Le 4 mars, à Montagnac, une inlorination s'ouvrit touchant vme assemblée tenue aux portes de la ville le 18 lévrier. G. 170. Les procédures diverses s'achevèrent le 13 mars par huit condamnations aux galères. (Voir nos P.J.)
1. C. 173. Dossier Colognac. Sermon sur Jean, XIV, C. {Le salut en J. C. seul) [-1' de la Manne Mystique] » (H) janvier, près de Perjurade [entre Lasalle et Saint- Martin deCoreonac] ». «-21 dud., Saint-Bénézet [entre Lédignan et Boucoîran] ».
-2. Ibid. (^ sermon de la Manne Mystique) « l'/.ès, Senilhac, 28 jan. !)(J ».
3. C. 170. Brousson avait reçu l'hospitalité chez Jeanne Lébre, veuve d'Isaac Rouvicre.