‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 234 sur 284 · LE BILLET DE BROUSSON A SGHOMBERG · texte numérisé non relu

LE BILLET DE BROUSSON A SGHOMBERG

(1690 — Mars 1691)

Les pi'éJicants après s'être rencontrés à Gaderles se séparèrent à nouveau, non sans avoir présidé, comme Brousson, quelques cultes aux alentours.

La Jeunesse, avec Gay, prêcha à Briontet avant de redescendre vers Alais et jusqu'à Saint-Ambroix, où il était le jour de Noël'.

Les frères Plan, dont l'un avait prêché vers la montajçne de Brion en décembre, s'approchèrent davantage encore de Lasalle. Après une réunion tenue dans la ferme de la Yivaryé ils étaient remontés coucher dans la maison d'Etienne Dolmet, au Puech de Glarou, lorsque, au matin du 30 janvier, un détachement de dragons accompagné du consul, Louis de Bagars, et du neveu de celui-ci (nommé Louis également), lieutenant de milices, faillit les surprendre. En approchant du mas avec les soldats, le consul en vit précipitamment sortir deux des fugitifs. Il leur coui-ut sus comme les autres. Un des deux frères atteint d'un coup de mousqueton qui le fit tomber à terre. « se releva d'abord et grimpa le bois de toute sa force )^ tandis que ses adversaires, essoufflés, renonçaient à le poursuivre. Le blessé, conduit à une lieue de là, chez Guillaume Escot, du mas des Ondes (Saint-Martin de Gorconac) y demeura en sûreté jusqu'à sa guérison. Il ne devait pas pardonner à Bagars '.

1. Assemblée de La .leuncsse a lirionlet « beaucoup de monde » C. l'.>l. .Vssemblée à Noël au lieu des Beaux, près de Maunas (?), dans le bois de Tharaux (Saint-Jean de Marvéjols) mentionnée C. 171.

2. C. 171. Information de Pierre de Batrars, père du lieutenant Louis. Les Plan avaient séjourné trois semaines dans une baume de la jasse de Micoulau (Soudorj^nes) ou Jallag-uiéresse leur portait à manger. In détachement y trouva le 3 fév. 1691 « six assiettes d'élain pour taire des balles ». Nous ne savons lequel des trois frères fut blessé. Ce n'était pas lUienne, et c'est probablement Paul. Le mas des Ondes était voisin du mas des Escotlins d"où les Plan étaient originaires.

Brousson, après l'assemblée des Sognes, regagna le pays-bas. Il donna la communion de Noël aux réformés de Nîmes dans le bois de Vaqueyroles, sur le chemin de Sauve', et la nuit du 31 décembre au 1" janvier prêcha le même sei*mon à Languignand (au bois de Saint-Bénézet), entre Domessargues et Boucoiran. Il eut là des auditeurs venus de douze lieux différents et remarqua parmi eux — la cliose était rare — « une personne distinguée par sa naissance, qui osa s'approcher de lui au milieu de tout le peuple ». Peu de jours après, impliqués dans une enquête dont les pièces ne nous sont point parvenues, deux des principaux personnages des environs, MM. de Gajan et de Domessargues, furent condamnés aux galères ; quatre autres, M. de Rochemore baron d'Aigremont, le baron de Fons, M. de Parades et M. du Fesq relégués à Pierre Seize. Les biens de tous furent confisqués. Brousson assure qu'aucun des six n'avait assisté à aucune assemblée du désert. Le seul coupable ne fut point inquiété'.

Vivent remonta dans les Hautes-Cévennes. Comme Dautun un an plus tôt, il s'efforça pendant tout Ihiver de gagner à la cause de l'insurrection la petite noblesse de la montagne'. Après la réunion de Caderles, il est hébergé au château de Nogaret (Saint- André de A'alborgne) chez le S"^ [Manoël] de Montgros. De là, il passe à Meyrueis et tient deux assemblées au château de Roquedols, chez M. de Porcarès (devant M. de Porcarès, devant M. de Saint- André, son frère, et M. de la Paillole, de Saint- André de Yalborgne). Le S' de Salvador, le S' de l'Espinasse, le S"" de Vébron le reçoivent « dans leurs châteaux ». Le S"" Thomassin (de Meyrueis), le S"" de Lessi-

1. 24 déc. 1690. Sermon sur le Pain de vie : « Proche le mas de Ourdies ; Nîmes, Caveirac, etc. » C. l'Jl.

2. Même sermon : « ;!1 dcc. de Tan 1690 cl 1 " de l'an 1691, dans le bois de Saint- Benoit : Saint-Geiiieis, Fons, Gajan, Saint-Bauzcli, Montignaigues. La Rouvière, La Calmelte, Doumessargues, Ledigrnan, Cassagnols, Canaules, Mauressargues, etc. » La date est confirmée par une pièce isolée (C. 171), qui nous apprend qu'l-.tienne Bertrand, cardeur, do Saint-Génies, avait été Tun des avertisseurs. Il lut arrêté en septembre 1691, et condamné en novembre aux galères. Le nom de Languignand nous a été gardé par un habitant de Domessargues (Pap. Court, 17, H, 311). Bàville, le 1.) janvier, envoya deux compagnies de cavalerie et quatre d'infanterie loger dans vingt communautés environnantes (C. 160. L'afBche parle de l'assemblée « du bois de Montvaillant » (sic) terre limitrophe de Saint- Bénézet et Boucoiran). Voir Rel. des Merv., pp. 27, 28. Henri de Rochemore baron d'Aigremont fut enterré à Lyon dans le cimetière des étrangers protestants, le 28 déc. 1717.

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