‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 241 sur 284 · Gessner · texte numérisé non relu

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4. Le billet est adressé « A Monsieur. Monsieur P[ictel] M[inistre] D[u] S[ainl] E[vang-ile] K[t] P[rolesseur] proche de Saint-Pierre ».

UNE LETTRE DE lîltOUSSOX A H.VVII.LE U.'î

homme qui crut pouvoir prendre au moins une petite part à l'insurrection du droit contre la tyrannie » ' . Ce que nous savons des entreprises de 1G90 nous permet de joindre à Pictet quelques-uns de ses collègues dans le corps pastoral genevois, et deux autres professeurs au moins, Michel Turretini et Antoine Léger.

Baville garda le secret le plus absolu sur la pièce si grave qui venait de tomber entre ses mains. Il ne semble même pas qu'il en ait parlé à la Cour : les milices le rassuraient contre le danger. Le 21 avril, jour où il avait interrogé Picq, il écrivit à Paris : « On ne peut pas douter que les ennemis du roi pensent de toutes leurs forces à révolter ce pays où il y a plus de 500,000 Religionnaires en état de porter les armes. Il est encore évident que la disposition y est tout entière de la part de ces peuples, mais toutes les fois qu'ils ont voulu commencer un mouvement, ils ont d'abord été accablés, et cela arrivera à l'avenir avec bien plus de facilité que par le passé, puisqu'il y a maintenant dans cette province 30.000 anciens catholiquesbien armés et commandés, et tout prêts à marcher au premier ordre si l'on s'aperçoit de la moindre marque de révolte »".

Le billet à Schomberg n'était pas signé, Bàville cependant en parle à Picq comme d'une lettre de Brousson. Le guide l'a peutêtre renseigné, mais l'intendant, depuis qu'il avait saisi la lettre du 24 octobre 1689, était en mesure de reconnaître lui-même l'écriture du nouveau prédicant. Il est possible même qu'il eût déjà reçu directement de celui-ci des écrits signés de son nom.

Dès son arrivée aux Cévennes, Brousson avait brûlé d'envoyer des « Remontrances » aux autorités du Languedoc. Les promesses faites à ses amis de Suisse, de <£ demeurer coi », lui imposèrent d'abord le silence ; il se découvrit enfin, à une époque que nous ne pouvons pas déterminer, car la première des lettres que nous possédons, de celles qu'il adi-essa à Bàville, porte une date manifestement fausse.

La lettre subsiste au dossier de Brousson. Elle est de la main du prédicant, et porte au bas, très nettement et sans une rature, la date du 1" octobre 1G89 '. Il n'est pas douteux cepen-

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