C. 174. Dossier Laporte. Confrontations
3. La Jeunesse, à Pomaret, avait eu un rendez-vous avec Roman.
4. Vivent passait le jour assez loin de Pomaret, dans la vallée de ïourgueille.
MEIRTRE DE I5AGAKS 429
Le cinquième jour, un fugitif dont nous n'avons pas encore rencontré le nom, le Cadet Espaze, du mas de Liron (Soudorgues) vint trouver Vivent de la part de La Jeunesse, de Gay, de Dauphiné et des Plan. Ils lui demandaient de leur envoyer La Rouvière (Papus) pour les aider à assassiner Bagars, « que ce serait mettre en repos tout le lieu de Lasalle ». Les six prédicants étaient réunis près de la métairie des Cabanes ', dominant de loin le chemin dont les rudes lacets gravissaient le versant nord du Col du Mercou. Ils ne savaient pas si le Consul, à son retour, ne serait pas sérieusement escorté, cependant « ils l'entreprendraient, forts ou faibles ».
La Rouvière ayant refusé de partir seul, Languedoc (\'al(leyron) le suivit, et tous deux, avec Espaze, allèrent rejoindre Gay, Dauphiné et Etienne Plan, embusqués déjà sur la côte du Mercou à deux portées de fusil de la crête. Ils demeurèrent cachés sous les arbres pendant la journée. Ils avaient vu le matin le valet de consuls. Gervais. conduire à Saint-André deux chevaux pour le S"^ de Bagars et le S" de Yalmalle de Saint-IIippolyte'. La Rouvière avait quitté son justaucorps pour mettre une veste* blanche. Etienne Plan avait retourné le sien, qui « boutonné jusqu'au fond », ne montrant qu'une doublure verte, lui donnait l'aspect d'un dragon. Tous portaient leurs longs cheveux enfermés sous le chapeau ou le bonnet, pour en dissimuler la couleur.
Les deux cavaliers n'apparurent qu'au coucher du soleil. Amenant du logis du Pont de Vallongue où ils avaient soupe. Valmalle, qui allait devant, fut le premier à apercevoir à sept ou huit pas de lui, Languedoc et La Rouvière qui le mettaient en joue. Deux coups de fusil le manquèrent, il put se sauver au galop et disparaître vers Lasalle. Bagars, au cri de son compagnon, sauta à terre et pris la fuite vers le bas, laissant le chemin royal pour le vieux sentier. Deux autres hommes, au-dessous des premiers, le manquèrent également de deux coups de feu. Le consul courait toujours, quand les deux derniers des meurtriers, dont était Dauphiné (Colognac), sortirent du fond du ruisseau. Une seule détonation retentit d'abord, le fusil de Dauphiné ayant raté, mais celui-ci eut le temps de saisir un de
1. Au-dessus de Perjurade, dans un bois entourant la claie où avait ité pris le l)rédicant David Berthezène.
'2. Ils étaient parents.