Baumier, chapelier du Vigan leur apportait des vivres
VIVENT CHEUCIIE DE LA l'OUIUlE 4i">
en promit dix quintaux, sil le fallait. A quoi Vivent répondit que l'argent lui manquait. L'essentiel était de savoir qu'Arnal mettrait en bai'ils deux quintaux de poudre et quatre quintaux de plomb, pour lesquels Vivent avait déjà dépensé deux cents livres, et qu'il aménagerait un dépôt, où viendrait s'accumuler tout ce qu'on pourrait réunir de munitions et d'armes '.
Dès le lendemain, Vivent pensa augmenter immédiatement la provision d'Arnal, en chargeant le dragon Liron, du Vigan, d'acheter quatre livres de poudre, pour lesquelles il lui donna cent sols. Quelques habitants du Vigan parlèrent alors à Vivent d'une autre afÏJtire. Il ne s'agissait de rien moins que d'assassiner le S' Daudé, le subdélégué de Bâville, sur lequel retombait, après Tliérond, la responsabilité des poursuites exercées à Valleraugue contre la famille du prédicanl. Un dragon, valet du S' Darènes. nommé Puechmary, promettait de « faire le coup » et de rejoindre ensuite Vivent, pour s'enrôler avec Liron dans la troupe du prédicant. Vivent désira le voir, ainsi qu'un troisième soldat, Jean Viala dit L' Eveillé (originaire de Saint-Jean du Gard) qui se proposait de déserter également ".
Un séjour plus prolongé au mas des Plantiers pouvait devenir dangereux. Les huit hommes passèrent la rivière du Vigan, près du château de la Croix, guidés par Dauphiné qui avait trouvé déjà des retraites à Roquedur, et entrèrent au Mas Parran, où ils ne purent demeurer qu'une heure, cachés dans la cave. Il fallut camper au-dessus, en plein bois, pendant trois jours, au bout desquels Vivent alla prêcher dans une claie voisine. Une veuve de Saint-Hippolyte « qui lui remettait souvent des lettres du pays étranger », assistait à la réunion ; plusieurs personnes du Vigan s'y trouvaient aussi, parmi lesquelles le dragon L'Eveillé, en armes, et le coutelier Servel qui apporta une baïonnette au prédicant. Deux frères, nommés Maillié, montèrent de Ganges, offrirent à Vivent un pistolet d'arçon, en refusèrent le prix, et lui envoyèrent encore deux pistolets de poche.
1. La « caclie », biUio ;i pierre i-rue, recouverte de tuiles et de terre, fut trouvée six mois plus tard. Creusée dans un clianip d'Arnal, elle contenait, dit le procèsverbal, quatre barils et une « courgre » [une g^ourde laite d'une courj;eJ pleine de poudre, quatorze lingots de plomb, un sac de grosse grenaille, plusieurs halles attachées à une corde, deux épées, deux " espontons » [demi-piquesj, un ter de pique, une baïonnette, un cauou de fusil. . . et plusieurs ouvrages de piélé. C. 172 : 18 mars 16'J2.