‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 263 sur 284 · VIVENT A I-A BAUME DE PAULIIAN · texte numérisé non relu

VIVENT A I-A BAUME DE PAULIIAN

La saison était rude, et les fugitifs soulTraient '. On a vu, par la lettre que Vivent écrivait à la fin de novembre, qu'il avait pensé à s'absenter des Cévennes quels que fussent les résultats des négociations engagées avec M. de La Haye. Sa mère et ses sœurs, séquestrées, lui écrivirent « pour le solliciter à se retirer ou à se rendre, étant très mal et fort malades «.Cependant, pour des raisons que nous ne connaissons pas. Vivent renonça à son projet. Une lettre qu'il reçut de Lapierre f( fut cause, dit A'aldeyron, qu'il ne sortit pas du royaume», et le prédicant, en effet, déclarait, en janvier, qu'«il aurait déjà pris le parti de sortir, sans des gens qui l'en avaient empêché».

La Compagnie de Caladon du régiment de Morsan ayant quitté le Vigan pour prendre quartier à Anduze, Vivent envoya Languedoc et La Vérune (Gavanon) auprès du dragon Liron et lui donna rendez-vous dans une vigne près de Valz'. Il vint ly voir avec La Rouvière et La Bonté. Le prédicant écouta tristement Liron lui réclamer, de la part d'Arnal de Palherols le prix de vingt-cinq nouvelles livres de poudre reçues du Rouergue ; il pax'la de ses fatigues et dit que « s'il pouvait passer cet hiver, il se retirerait, étant las de tant pàtir comme il avait fait pendant les derniers mois».

C'est dans ces dispositions d'esprit qu'il apprit la mort de Grevou et la suite des répressions exercées par l'intendant et le commandant militaire.

Au début de janvier (109!2) onze paroisses furent condamnées à une amende totale de deux mille cent soixante livi'es ^ Les basses fosses de Saint-Hippolyte regorgeant déjà de prisonniers, vingt-sept condamnés insaisissables furent encore décrétés de prise de corps ', et le 13, un jugement de Broglie envoyait aux galères sans forme ni figure de procès, suivant l'ordonnance royale de mars 1689, Jean Gazan, Espaze, Ramond et Périer pour lafiaire du mas de Montredon, et Jean ïeyssonnière de

1. Pour C(> qui suit voir C. 172, Dipos. Vakleyron: Dépos. Abraham Ducros ; Dép. Liron : Dossier Gavanon. Pap. Court, 17, R (Bull. XL. 479, :iiS) : Xarration de la vie de... Vioens, par Gavanon : et 17. B, 79 : Relation de Gavanon. plus détaillée et par endroits meilleure que le récit précédent.

i. Entre Anduze et A lais.

:j. 13 janvier «Etat des paroisses dans lesquelles ont été faites des assemblées qui sont prouvées dans la procédure : La Salle 300 1.. Colojcnac l.ïO. Soudorgues 15), Monoblet loO. Vabres, Saint-Bonnet. Thoiras 450. Sainte-Croix de Caderles 150, Saint-Jean du Gard 300. Saint-André de Valborjrne 3tXt, Tornac 150.». C. ir2.

i. Assignations des \ cl 10 janvier Uii)2. C. 172.

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Lasalle, Jacques Gervais de Caderles, Jacques Boudon de Saint- Jean, en raison des dénonciations d'Anne Baudoin '. Pai'toutdes espions ; le dragon Yiala dit L'Eveillé, que son capitaine soupçonnait, reçut Tordre, à Anduze, de découvrir la retraite de Vivent, en interrogeant adroitement son camarade Liron. Mais Avivent avait encore changé d'asile.

La baume de Paulhan était trop proche du grand chemin. Gavanon enrhumé, toussant beaucoup. le prédicant n'osa pas le garder avec lui, et l'envoya dans une baume de Carnoulès où étaient Laporte et Saint-Paul. Gavanon partit, alla se soigner six jours à Lasalle, et redescendit ensuite à Carnoulès. Le soir de son arrivée. Yaldeyron venait le chercher à la grotte pour le ramener à celle de Paulhan. Vivent avait besoin de lui : il voulait l'envoyer à Saint-Hippolyte pour y toucher la pension de cinq cents francs quil recevait du roi d'Angleterre '. Le voyage était trop chanceux, Gavanon refusa. Languedoc (Valdeyron), jjartit à sa place : il visita Saint-Paul dans une grotte nouvelle où celui-ci s'était transporté, près d' Anduze, et eut le malheur d'être arrêté avec lui par un détachement. Tous deux furent conduits au fort d'Alais (20 janvier 1G92) '.

Le soir même, Vivent, averti, jugea nécessaire de quitter la baume de Paulhan. Il se lit conduire à Carnoulès, à la caverne que Saint-Paul avait montrée au passage à Valdeyron, et qui était, à ce qu'il semble, celle où ce dernier avait depuis vu Laporte et Saint-Paul lui-même. Laporte, d'ailleurs, parti pour Saint-Félix, n'était plus là. Le nouvel abri de Vivent, «dans un lieu presque inaccessible » était fort sûr, mais incommode. Gavanon pénétra le premier, la nuit, sous la voûte souterraine. Il lui fallut ce faire la trace dans la neige, et creuser dans la neige pour y entrer, et quand il fut dedans, il n'y trouva que de l'eau et des pierres. A la fin, ayant allumé un peu de charbon qu'il portait dans un sac, [maigre feu, qui avait l'avantage de ne point donner de fumée], il fit un peu d'ouverture, et toute la troupe entra [Vivent. La Bouvière, La Bonté, Gavanon, Wassot et Bocherl. »

1 David Teyssonniérc (La S'iolcttc) éluit sans doute mort de ses blessures au fort de Saint-Hippolyte.

"2. Nous avons parlé plus liaut de la femme de Saiiil-Hippolyle. «la noininéc Franeon», qui apj)ortail à Vivent des lettres venues de IVlrangcr.

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