La date est approximative
VIVENT A LA BAUME OE CARXOULÈS i6">
Dans le quartier, les prédicants avaient des amis. Jeanne Laporte. femme de Jean Barafort, du hameau de La Vigne situé au-dessus de la grotte, se rappelait en 1701, avoir ouvert sa maison à Laporte, et à Vivent ensuite. Elle avait porté des vivres aux compagnons de ce dernier dans leur caverne, et y avait vu la jeune Marion de Rouville, et une femme Caumel, qui y serait demeurée sept à huit jours'. Bientôt Massot et Rocher partii'ent'. Un inconnu, que Brueys appelle Carrière, et que ne mentionne plus aucune pièce originale, peut-être aussi d'autres fugitifs, vinrent les remplacer \
Au milieu de février. Vivent envoya à Anduze, un homme du voisinage pour prier Liron de venir le voir, et donner à celuici l'indication exacte de sa retraite : « A une baume entre le village de La Vigne et Carnoulès, laquelle était le long d'un grand ruisseau, proche d'un jardin où il y avait des choux d'environ trois pieds de hauteur, sans feuilles * ». Liron s'excusa, sur ce que le dimanche suivant (17 février), que Vivent lui fixait, était celui du Carnaval, auquel il ne pouvait quitter ses amis. L'homme insista : il fallait y aller. Vivent enverrait à Liron quelqu'un le dimanche matin. Le dimanche matin Liron et Viala étaient tous deux arrêtés et conduits à Alais. Vivent était perdu.
Pendant vingt-huit jours, Valdeyron avait pu déguiser son nom « se disant un bâtard, ne sachant d'où il était ». Il allait sortir de prison pour être enrôlé de force, quand un certain Berthèze, dit Le Camus, comme lui de Valleraugue, vint à Alais « pour demander quelque chose au magistrat. On lui montra ce prisonnier pour savoir s'il le reconnaissait, et dès qu'il le vit, il dit qu'il était avec Vivens ^ ». Antoine Court, se faisant sans doute l'écho d'un bruit qui courut dans les Cévennes, rapporte
1. Sans cloute la femme Calmel, de La Camp (Soudorgues), d'une maison où Vivent avait logé. C. 180. Dépos. du 5 sept. 1701 (Dossier des fanatiques de Mialet).
2. Rocher sortit du royaume. En 1699 il était à Lausanne, prêt à quitter la ville pour le Brandebourg.
3. Carrière est nommé également par fauteur du Fragment... sur les Camisards, p. 13.
4. Le Fragment sur les Camisards, p. 12, parle de cette grotte comme étant « au devant du jardin de; M. Bénézet ». La grotte a gardé dans la région le surnom de « Baume de Vivent ». Elle s'ouvre, sur la rive gauche du ruisseau qui coule à l'ouest de La Vigne (Saint-Sébastien), en une fissure verticale, dans une paroi de rocher à pic. On n'arrive à l'entrée que par une pente fort raidc. Le bord opposé du ruisseau est pareillement abrupt dans le fond, mais le liaut est en pente plus douce et à 20 mètres en aval de la grotte a pu se trouver un jardin.