Relation de Gaubert, Pap. Court, 17, B, 474 bis
4G(J LES PRÉDICANÏS PROTESTANTS
que Valdeyron avait déjà subi la question ordinaire sans faiblir, et que le bourreau, rappelé après l'intervention de Bertbèze, réussit cette fois à lui arracher son secret. Telle n'est pas la vérité. Le récit de la mort de Vivent que Bàville envoya en Cour dès qu'il en sut la nouvelle *, rapporte simplement que Saint- Paul et Languedoc (Valdeyron) « ont dit dans leurs interrogatoires qu'ils avaient pour camarades deux hommes nommés Liron et Léveillé qui s'étaient enrôlés pour mieux couvrir leur mauvaise intention ». Valdeyron a donc fait arrêter Liron. Puis Liron, de son propre aveu', interrogé au fort d'Alais le 17 février par Mandajors, révéla que Vivent l'attendait le jour même dans la baume de Garnoulès, qu'il décrivit en répétant les mots de l'émissaire du prédicant. C'est alors seulement, autant qu'on peut rétablir les faits, que Valdeyron, convaincu par Liron de réticences ou de mensonges, ébranlé soit par des menaces, soit par des promesses, accepta de guider les soldats jusqu'à la caverne que Saint-Paul lui avait montrée.
Vivent n'était plus en repos depuis la prise de Languedoc. L'arrestation des deux dragons d'Anduze augmenta ses craintes. Il chargea La Rouvière et La Bonté daller aménager au moyen de quelques planches une grotte située à un demi-quart de lieue plus haut, au lieu dit Panso, pour y passer le reste de l'hiver. La Rouvière préféra se faire accompagner de Gavanon, qui connaissait mieux les chemins. Les deux jeunes gens n'étaient plus avec Vivent quand le matin du 19 février, aux premières heures de l'aube, la baume était investie ^
Vivent avait pensé plus d'une fois à cette heure. Il savait que s'il tombait aux mains de ses ennemis la mort la plus cruelle l'attendait. Brueys, en osant regretter qu'il n'ait pu être brûlé