‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700Chapitre 27 sur 284 · C. 163. Voir Bail. XXVIII · texte numérisé non relu

C. 163. Voir Bail. XXVIII

LA MISKRE AUX CKVENNES 41

gent à coups de fusil des huguenots qui se sont transportés avec leurs effets les plus considérables dans les anfractuosités du rocher de Trenze, et ils tuent l'un d'eux, Pierre Falguerolles, de Nojaret « qui s'était cantonné à une carrière au plus fort du précipice' ». Vingt-cinq habitants du Yigan, après avoir fui, sont revenus dans leur demeure, convaincus par le dernier article de l'édit qu'ils n'ont rien à craindre. Ils sont saisis, emprisonnés dans un cachot étouflant, soumis à la veille forcée, privés de nourriture, roués de coups, et au bout de vingt-trois jours, conduits exténués, quatre par quatre, chez le curé de la ville qui dresse enfin l'acte de leur abjuration'.

L'hiver de 1684 à IGSo avait été affreusement rude. Eu 16So, le blé et les châtaignes manquèrent dans les Hautes Gévennes. Beaucoup de paysans, au début de l'année suivante, durent vivre « de glands et dherbe ». Sur le bruit que la Mission d'Alais répandait des aumônes, 800 personnes descendirent de la montagne, poussées par la faim. Les dragons avaient leur responsabilité dans cette misère. Dès le 15 octobre 1685,Noailles demandait pour les N. C. quelque remise sur la taille, car « quoique on les ait fort ménagés, il ne se peut qu'ils n'aient souffert ». A Nîmes, avant même que la ville eût cédé, le notaire Borelly, fervent calholi(iue. inscrivait sur son livre de raison ses espérances, mais il n'avait garde d'oublier ses appréhensions : « Me"- le duc de Noailles est arrivé pour mettre fin à la religion prétendue réformée. Dieu nous en fasse la grâce ! Toutes les aflaires sont entièrement [)erdues, rien ne se fait. Tout le pays est ruinée »

Lors(juo le commandant militaire (19 oct.) annonce à Louvois qu il se propose de lui envoyer « quelque homme d'esprit pour lui rendre compte de tout en détail, et répondre à tout ce qu'il désire savoir et qui ne saurait sécrire ». il dit assez claii-emeiit que ses dépèches officielles où tout se passe « de façon convenable à la bonté du roi pour ses sujets » , cachent délibérément la plus répugnante des réalités.

Mais dans le Languedoc, comme ailleurs, l'hérésie était vaincue et, à ce que pensaient Noailles et Bàville, définitivement.

1. c. 16;i. Le même carton contient ([ueliiues autres plaintes touchant les excès des dragons.

2. (Gaultier de Saint-Blancard) Histoire Apologétique.. ., II. 105.

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